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Mauritanie : une peine légère et des acquittements au procès des membres d’un mouvement citoyen

Vendredi 21 Avril 2017

Un tribunal correctionnel de Nouakchott siégeant en audience des flagrants délits, a prononcé une peine de 3 mois de prison, avec le bénéfice du sursis, et neuf (9) acquittements, à travers un verdict rendu jeudi enfin d’après midi, dans le cadre du traitement d’une affaire impliquant 10 militants du Mouvement Pour la Jeunesse Mauritanienne (MPJM). Reconnue coupable « d’organisation d’une manifestation non autorisée » Ouma Kane, présidente « d’AMAM » une ONG très active du mouvement associatif national, a été condamnée à 3 mois de prison avec sursis et 15.400 ouguiyas d’amende, soit l’équivalent d’un peu plus de 25.000 francs CFA.


Mauritanie : une peine légère et des acquittements au procès des membres d’un mouvement citoyen
 Elle a été déliée de l’accusation portant sur le délit « de violence et voies de fait sur agent de la force publique ». Dans un réquisitoire totalement en décalage avec les faits et sans discernement, le procureur avait requis une peine de 5 ans de réclusion à l’encontre de tous les membres du groupe. Celui-ci est composé de 6 jeunes hommes et 4 jeunes femmes, tous issus de la communauté négro africaine. Des allégations totalement anéanties par les plaidoiries. La défense des militants du MPJM était assurée par un collectif d’une vingtaine d’avocats au sein duquel on retrouve de grands noms du barreau national, à l’image de maîtres Brahim Ould Ebetty et Fatimata M’Baye, président de l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH).

Ces conseils ont brillamment démonté les arguments d’une accusation bricolée, fabriquée à la faveur d’une enquête préliminaire expéditive et bâclée, qui a duré à peine 24 heures. Globalement satisfaite du verdict, la présidente de l’AMDH a néanmoins annoncé son intention d’interjeter appel pour faire annuler la condamnation d’Oumou Kane, dont elle conteste le maintien dans les liens de l’accusation. Ces jeunes avaient été arrêtés dimanche après midi à la suite d’une marche organisée dans le centre ville de Nouakchott pour protester contre « la marginalisation».

Ils revendiquaient « un assouplissement des conditions d’enrôlement pour un accès plus facile aux documents d’état civil, une réforme des systèmes d’éducation et de santé, un accès aux centres de décision et une reconnaissance des diplômes acquis à l’étranger dans le cadre des concours nationaux ». L’arrestation de ces jeunes a suscité un concert de désapprobation et de dénonciations au sein des Organisations de la Société Civile et des partis d’opposition, qui perçoit à travers celle-ci les agissements d’un système en déliquescence qui envoie de plus en plus de signaux de détresse.
Amadou Seck
Nouakchott

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