À Rabat, Sonko veut “confirmer” le lien sénégalo-marocain malgré les tensions post-CAN

POLITIQUE
Lundi 26 Janvier 2026

  En visite officielle au Maroc, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a coprésidé, avec son homologue Aziz Akhannouch, la 15ᵉ session de la Commission mixte sénégalo-marocaine. Une rencontre bilatérale de haut niveau que le chef du gouvernement sénégalais a tenue à inscrire dans un cadre politique et stratégique, tout en répondant aux tensions nées de la finale de la Coupe d’Afrique des nations. “Un événement politique majeur” Dès l’ouverture des travaux, Ousmane Sonko a insisté sur la portée de son déplacement, qu’il refuse de réduire à une simple séquence de gestion de crise. Pour lui, la visite “en terre amie marocaine” constitue “un événement politique majeur”, et non une opération de communication post-CAN.
Le Premier ministre a toutefois reconnu que son arrivée intervient dans “un contexte chargé d’émotions sportives”, marqué par des “débordements regrettés” et des “images parfois douloureuses” pour deux peuples historiquement liés. Mais, a-t-il souligné, l’essentiel est ailleurs : la capacité des deux États à ne pas laisser “l’émotion surplomber et décider du sens” des relations bilatérales. Pas un voyage “pour calmer”, mais pour “affirmer” Dans un passage central de son discours, Ousmane Sonko a explicitement écarté l’idée d’un voyage d’apaisement. Son déplacement, dit-il, ne vise pas à “calmer”, mais à affirmer une conviction : le sport n’a pas divisé Sénégalais et Marocains, il a éprouvé la solidité de leurs liens.
Pour Sonko, la finale n’a pas opposé deux nations ; elle a “mis à l’épreuve l’intensité de deux passions nationales dans un espace commun”. Les incidents constatés, a-t-il ajouté, ne doivent être “ni niés, ni dramatisés”, mais requalifiés comme des excès émotionnels liés à la ferveur, et non comme des fractures politiques ou culturelles. “Le sport est trop fugace pour résumer nos relations” Le chef du gouvernement sénégalais a rappelé que la relation entre Dakar et Rabat se construit sur une profondeur qui dépasse largement l’actualité sportive : ancienneté des liens humains, échanges spirituels, coopération économique, passerelles culturelles, circulation historique des personnes. Il a cité, en filigrane, les étudiants, les entrepreneurs, ainsi que les échanges entre confréries comme exemples de cette proximité ancienne et vivante.
Plus encore, Sonko a mis en avant une “confiance politique” bâtie dans la durée, au-delà des alternances et des conjonctures : un lien qui survit aux événements, parce qu’il est enraciné dans une histoire partagée. Une commission mixte sous le signe de “la refondation” En replaçant la 15ᵉ session de la commission mixte dans ce récit de continuité, Ousmane Sonko a assigné un objectif aux travaux : transformer l’épisode post-finale en point de départ d’une relation plus structurée.
“Ce n’est pas un voyage d’apaisement. C’est un voyage de confirmation, de dépassement et de refondation du lien”, a-t-il affirmé, appelant à sceller “un avenir commun” plutôt qu’à simplement “clore un incident”. Selon lui, l’amitié sénégalo-marocaine doit ressortir renforcée : plus dense, plus ambitieuse, mieux organisée. Un message politique autant qu’une séquence diplomatique Au-delà des mots, le discours du Premier ministre sénégalais est un signal : Dakar veut éviter que les émotions de la CAN ne s’installent comme un prisme durable. En choisissant Rabat pour porter ce message, et en le plaçant au cœur d’une instance bilatérale structurante, Sonko tente de réaffirmer une ligne : les passions sportives passent, la relation d’État à État doit rester stable, et l’avenir doit être construit sur des intérêts communs plutôt que sur des tensions conjoncturelles.