À Ziguinchor, le président Diomaye retisse le lien avec la Casamance

POLITIQUE
Dimanche 21 Décembre 2025

​En se rendant à Ziguinchor pour une visite de terrain très attendue, le président Bassirou Diomaye Faye a choisi de parler au cœur de la Casamance, mais aussi au reste du pays. Cette étape dans la capitale du Sud, hautement symbolique, intervient dans un contexte où les attentes en matière de paix, de justice et de développement restent fortes.


Arrivé dans une ville qui fut le laboratoire de nombreuses mobilisations politiques, le chef de l’État a été accueilli par une population mêlant espoir, curiosité et vigilance. Ziguinchor n’est pas une ville comme les autres : c’est à la fois un centre économique régional, un territoire marqué par des décennies de conflit en Casamance et un bastion politique de figures clés de l’actuel pouvoir. La venue du président avait donc valeur de test : celui de la capacité du nouveau régime à parler directement aux populations du Sud et à répondre à leurs aspirations.
Au cours de sa visite, Bassirou Diomaye Faye a multiplié les rencontres avec les autorités administratives, les élus locaux, les notables, mais aussi les acteurs économiques, les jeunes et les femmes. L’enjeu était double : montrer que l’État reste présent et à l’écoute, tout en donnant des signaux concrets sur les priorités du quinquennat pour Ziguinchor et la Casamance.

Sur le plan politique, le président a insisté sur la nécessité de tourner la page des tensions et des fractures qui ont longtemps opposé pouvoir central et populations du Sud. Sans nier les blessures du passé, il a appelé à un « nouveau cycle » fondé sur la confiance, la transparence et la participation. Le message est clair : Ziguinchor ne doit plus être seulement un symbole de contestation, mais un laboratoire de solutions pour tout le Sénégal.
La question du développement a occupé une place centrale dans ses échanges. Acteurs économiques et société civile ont rappelé les mêmes urgences : désenclavement routier et maritime, amélioration de la desserte en électricité, soutien réel au tourisme, à l’agriculture, à la pêche et aux petites entreprises locales. Le président a, de son côté, réaffirmé que le Sénégal ne se développera pas sans ses territoires, et que la Casamance doit cesser d’être perçue comme une périphérie lointaine mais comme un pôle stratégique pour la croissance nationale.


La jeunesse de Ziguinchor, très présente lors de cette visite, a également interpellé le chef de l’État sur le chômage, la précarité, l’accès à la formation et les risques de migration irrégulière. Bassirou Diomaye Faye a rappelé ses engagements en matière d’emplois et d’entreprenariat des jeunes, en soulignant que les politiques publiques doivent être co-construites avec les territoires et non imposées depuis Dakar.

La promesse implicite : faire de Ziguinchor un espace pilote où les nouvelles politiques de soutien au secteur privé national et à l’économie locale pourront se traduire par des résultats visibles.

Au-delà des annonces, la visite avait aussi une dimension symbolique forte. Elle visait à montrer que la Présidence entend demeurer présente sur le terrain, loin d’un pouvoir enfermé dans les palais, et prête à affronter les critiques comme les attentes.

Dans une région longtemps marquée par le sentiment d’abandon, le simple fait de voir le chef de l’État venir, écouter, répondre et s’expliquer, prend une valeur politique importante.
Cette étape à Ziguinchor sera jugée à l’aune de ce qui suivra : la mise en œuvre effective des engagements, la régularité du dialogue avec les élus et les populations, et la capacité de l’État à transformer les promesses en actes. Pour beaucoup d’habitants, l’enjeu est simple : que cette visite ne soit pas une parenthèse, mais un tournant.

En tendant la main à Ziguinchor, le président Diomaye Faye adresse finalement un message à l’ensemble du pays : celui d’un Sénégal qui ne se construit pas seulement depuis Dakar, mais à partir de tous ses territoires, y compris ceux longtemps considérés comme périphériques ou « problématiques ». Reste désormais à inscrire cette ambition dans la durée, par des politiques cohérentes, des ressources à la hauteur des promesses et un suivi rigoureux. C’est à ce prix que la visite présidentielle à Ziguinchor pourra être perçue, rétrospectivement, comme un jalon dans la refondation du lien entre l’État et la Casamance.