La cantatrice Adja Khar Mbaye Madiaga s’est éteinte à Rufisque à l’âge de 87 ans, selon des informations confirmées par ses proches et reprises par plusieurs médias.
D’après l’APS, son fils aîné, Badara Fall, a indiqué que l’artiste est décédée à son domicile et que l’inhumation devait avoir lieu le même jour à 17h à Rufisque. Une vie dédiée à la mémoire lébou Née le 4 février 1938, Khar Mbaye Madiaga a consacré sa vie à préserver et transmettre un patrimoine souvent porté par l’oralité : chants de cérémonie, louanges, récits de bravoure, repères moraux et historiques de la communauté lébou.
Sur les scènes comme dans les grandes cérémonies, sa voix — décrite comme singulière et immédiatement reconnaissable — a longtemps servi de passerelle entre les générations. Rufisque, son ancrage Originaire de Rufisque, elle était considérée comme l’une des grandes fiertés culturelles de la ville. Au-delà de l’aura nationale, son attachement au terroir rufisquois était central : la cantatrice a accompagné, au fil des années, des figures politiques locales, un engagement cité comme l’un des marqueurs de sa proximité avec la vie publique et communautaire. Le passage par Sorano, un tournant décisif Selon l’APS, son admission en 1964 au sein de l’Ensemble lyrique du Théâtre national (lié à Daniel Sorano) a constitué un moment déterminant : un espace où se côtoyaient virtuoses, répertoires traditionnels et grands rendez-vous artistiques. Ce parcours l’a menée à participer à des événements majeurs, dont le Festival mondial des arts nègres (1966), et à représenter le Sénégal lors de déplacements et prestations de haut niveau. Une voix présente dans les grands moments du pays
RTS souligne qu’elle a su allier expression culturelle et engagement citoyen, en accompagnant des événements majeurs et en restant profondément ancrée dans ses racines. L’APS rappelle également une prestation marquante au siège de l’UNESCO à Paris, devant le président Abdoulaye Wade et d’autres dirigeants, illustrant l’importance symbolique de sa voix dans les représentations officielles de la culture sénégalaise. Une reconnaissance de son vivant : la Maison des arts de Rufisque Le 18 juin dernier, Rufisque a posé un acte fort : la Maison des arts de la ville a été baptisée à son nom, en hommage à une contribution jugée “inestimable” à la culture nationale.
Dans l’article de Le Soleil, le maire Oumar Cissé la décrivait comme une artiste à la « voix rare, grave et puissante », regrettant la disparition progressive de ce type de thématiques et de tonalités dans le paysage musical contemporain.
Cette Maison des arts — née d’une dynamique de coopération locale — se veut un lieu d’accueil et de transmission, à l’image de la cantatrice dont elle porte désormais le nom. Un héritage à préserver
Avec la disparition de Khar Mbaye Madiaga, c’est une gardienne de la mémoire culturelle
qui s’en va, mais dont l’empreinte restera vivante : dans les cérémonies, dans les archives sonores, et surtout dans l’idée même que la culture est une responsabilité collective.
À Rufisque comme au Sénégal, hommages et témoignages rappellent qu’au-delà d’une artiste, le pays perd une voix qui portait — avec gravité et dignité — une part de son histoire.
D’après l’APS, son fils aîné, Badara Fall, a indiqué que l’artiste est décédée à son domicile et que l’inhumation devait avoir lieu le même jour à 17h à Rufisque. Une vie dédiée à la mémoire lébou Née le 4 février 1938, Khar Mbaye Madiaga a consacré sa vie à préserver et transmettre un patrimoine souvent porté par l’oralité : chants de cérémonie, louanges, récits de bravoure, repères moraux et historiques de la communauté lébou.
Sur les scènes comme dans les grandes cérémonies, sa voix — décrite comme singulière et immédiatement reconnaissable — a longtemps servi de passerelle entre les générations. Rufisque, son ancrage Originaire de Rufisque, elle était considérée comme l’une des grandes fiertés culturelles de la ville. Au-delà de l’aura nationale, son attachement au terroir rufisquois était central : la cantatrice a accompagné, au fil des années, des figures politiques locales, un engagement cité comme l’un des marqueurs de sa proximité avec la vie publique et communautaire. Le passage par Sorano, un tournant décisif Selon l’APS, son admission en 1964 au sein de l’Ensemble lyrique du Théâtre national (lié à Daniel Sorano) a constitué un moment déterminant : un espace où se côtoyaient virtuoses, répertoires traditionnels et grands rendez-vous artistiques. Ce parcours l’a menée à participer à des événements majeurs, dont le Festival mondial des arts nègres (1966), et à représenter le Sénégal lors de déplacements et prestations de haut niveau. Une voix présente dans les grands moments du pays
RTS souligne qu’elle a su allier expression culturelle et engagement citoyen, en accompagnant des événements majeurs et en restant profondément ancrée dans ses racines. L’APS rappelle également une prestation marquante au siège de l’UNESCO à Paris, devant le président Abdoulaye Wade et d’autres dirigeants, illustrant l’importance symbolique de sa voix dans les représentations officielles de la culture sénégalaise. Une reconnaissance de son vivant : la Maison des arts de Rufisque Le 18 juin dernier, Rufisque a posé un acte fort : la Maison des arts de la ville a été baptisée à son nom, en hommage à une contribution jugée “inestimable” à la culture nationale.
Dans l’article de Le Soleil, le maire Oumar Cissé la décrivait comme une artiste à la « voix rare, grave et puissante », regrettant la disparition progressive de ce type de thématiques et de tonalités dans le paysage musical contemporain.
Cette Maison des arts — née d’une dynamique de coopération locale — se veut un lieu d’accueil et de transmission, à l’image de la cantatrice dont elle porte désormais le nom. Un héritage à préserver
Avec la disparition de Khar Mbaye Madiaga, c’est une gardienne de la mémoire culturelle
qui s’en va, mais dont l’empreinte restera vivante : dans les cérémonies, dans les archives sonores, et surtout dans l’idée même que la culture est une responsabilité collective.
À Rufisque comme au Sénégal, hommages et témoignages rappellent qu’au-delà d’une artiste, le pays perd une voix qui portait — avec gravité et dignité — une part de son histoire.