Affaire Doro Gaye : La justice française rejette l'extradition et inflige un sérieux revers à Dakar

JUSTICE
Jeudi 2 Juillet 2026

La saga judiciaire internationale autour de l'homme d'affaires sénégalais connaît son dénouement sur le sol européen. Mercredi 1er juillet 2026, la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a officiellement opposé une fin de non-recevoir à la demande d'extradition introduite par l'État du Sénégal à l'encontre de Doro Gaye.

Poursuivi à Dakar pour des faits présumés d'escroquerie foncière portant sur près de 1,9 million d'euros (1,2 milliard de FCFA), l'ancien conseiller de Macky Sall voit également la mainlevée totale de son contrôle judiciaire en France.


Dès l'annonce du délibéré, les cercles de l'opposition et les médias dits « républicains » ont massivement relayé la nouvelle. 

Si la décision est vécue comme un soulagement pour la défense de l'homme d'affaires, les attendus de la Cour d'appel de Paris résonnent comme une critique sévère du système judiciaire et pénitentiaire sénégalais.

La justice française a rejeté la demande au motif principal que « le Sénégal n'offre pas des garanties suffisantes d'un procès juste et équitable ».

La Cour d'appel est allée plus loin en invoquant des risques liés aux droits fondamentaux de l'individu :

Déficit de garanties procédurales 

Malgré les réponses point par point envoyées par Dakar en décembre 2025 pour rassurer les magistrats français, les éléments fournis n'ont pas été jugés assez solides pour garantir le respect de la Convention européenne des droits de l'homme.

La justice française a expressément souligné que la surpopulation carcérale chronique au Sénégal faisait peser sur Doro Gaye un risque réel de « traitement inhumain et dégradant ».

Un dossier à forte coloration politique

Arrêté à Paris en décembre 2024 à la suite d'une notice Interpol, Doro Gaye avait recouvré une liberté provisoire assortie d'une caution s'elevant à 160 000 euros.
Depuis le début de la procédure, ses conseils plaidaient le caractère purement politique de la traque, rappelant que la plainte initiale à Dakar avait été formalisée au tout dernier jour du mandat présidentiel de Macky Sall.

Ce verdict marque un coup d'arrêt définitif aux espoirs du ministère de la Justice sénégalais de voir l'homme d'affaires s'expliquer devant les tribunaux nationaux.

Alors que le gouvernement du Président Bassirou Diomaye Faye tente d'imposer une ligne de reddition des comptes rigoureuse, ce revers à l'international montre les limites de la diplomatie judiciaire sénégalaise, d'autant que le Sénégal avait lui-même suspendu ses procédures d'extradition vers la France fin 2025 en guise de protestation.

Si le dossier reste techniquement ouvert à Dakar, Doro Gaye est désormais totalement libre de ses mouvements dans l'Hexagone.