Après son passage devant la commission d'enquête parlementaire et le droit de réponse du magistrat, l'ancien directeur général de la Société de gestion du patrimoine bâti de l'État (Sogepa), Yaya Abdoul Kane, opère une mise au point décisive : selon lui, le bail a été octroyé dans le respect le plus strict des procédures administratives.
Un mea-culpa téléphonique et une défense de la légalité
Selon les révélations du quotidien L’Observateur, Yaya Abdoul Kane a directement pris contact avec Serigne Bassirou Guèye à l'issue de son audition parlementaire. Au cours d'un échange téléphonique, l'ancien patron de la Sogepa aurait conseillé au magistrat de ne pas céder à la réaction à chaud, tout en exprimant ses regrets face à l'emballement médiatique suscité par ses déclarations.
Surtout, Yaya Abdoul Kane a fermement assuré au magistrat qu'il n'avait absolument rien à se reprocher sur le plan juridique. S'appuyant sur le décret de 2013 régissant les prérogatives de la Sogepa en matière d'attribution de baux, l'ancien responsable affirme qu'aucune irrégularité ne saurait être retenue contre Serigne Bassirou Guèye dans le cadre de cette opération.
Génèse d'un relogement : De la crise d'affectation à l'octroi du bail
Pour étayer la régularité du dossier, Yaya Abdoul Kane a apporté plusieurs précisions clés sur la chaîne de décisions :
Il précise qu'il n'a jamais été question de deux maisons, mais d'une seule et unique villa située au Point E, retrouvée à l'époque dans un état de délabrement avancé.
Occupant initialement un logement de fonction aux abords du Palais présidentiel, le procureur Serigne Bassirou Guèye devait libérer les lieux à la demande des autorités de la Présidence. La Sogepa avait alors été mandatée pour lui trouver une solution de relogement.
Faute de biens disponibles dans le parc immédiat, la villa délabrée du Point E a été identifiée, réhabilitée, puis affectée à Serigne Bassirou Guèye à titre de logement de fonction. Ce n'est que dans un second temps que le magistrat a formulé une demande de bail, acceptée et formalisée par l'autorité compétente.
Yaya Abdoul Kane rappelle le circuit d'approbation : si la Sogepa instruisait et préparait les dossiers, la décision finale et la validation des baux relevaient de la Présidence de la République. Une procédure standard dont ont bénéficié plusieurs autres hauts fonctionnaires et dignitaires de l'État.
LIRE AUSSI:
JOJ Dakar 2026 : Entre retards sur les chantiers, lourdeurs bureaucratiques et billetterie morose, le compte à rebours vire au casse-tête Fadilou Keïta exige un remaniement pour enrayer la « dépastéfisation » du pouvoir
Une distinction nette avec d'autres dossiers litigieux
Pour marquer la bonne foi du magistrat, l'ancien patron du patrimoine bâti a tenu à faire le distinguo entre le cas de Serigne Bassirou Guèye, parfaitement formalisé et approuvé, et d'autres dossiers sensibles de la Sogepa (notamment ceux associés à des affaires litigieuses dites « Fayçal ») qui n'avaient jamais reçu l'approbation formelle des autorités.
Avec ce témoignage de première main, Yaya Abdoul Kane apporte une pièce essentielle au dossier, dédouanant l'ancien procureur de Dakar de toute manœuvre frauduleuse dans l'acquisition de son logement.