Aziz Ndiaye et Awa Baldé s'affrontent au tribunal correctionnel pour une vente de terrain controversée

FAITS DIVERS
Vendredi 26 Juin 2026

Le tribunal correctionnel de Dakar a été le théâtre d’un débat contradictoire intense lors du procès opposant le promoteur immobilier Aziz Ndiaye à la jet-setteuse Awa Baldé.

Au cœur du litige : la vente en 2018 d’un terrain de plus de 7 000 m² situé à Ngaparou, dont le prix réel et les termes de l'accord font l'objet de versions diamétralement opposées.
  Une transaction à 50 millions ou à 125 millions de FCFA ?  

Pour la plaignante Awa Baldé, l’opération reposait sur un montage financier bien plus lourd que ce qui apparaît sur les documents officiels.

Elle soutient que la convention réelle prévoyait une enveloppe globale de plus de 125 millions de FCFA, assortie de la livraison d’une villa clé en main.
 

Si l’acte de vente final n'affiche que 50 millions de FCFA, ce serait, selon elle, à la demande expresse de l'homme d'affaires afin de minorer les frais de transaction.

Affirmant n’avoir perçu au total que 37 millions de FCFA et n'avoir jamais vu la couleur de la villa promise, elle s'estime profondément lésée.
 

Après un premier classement sans suite de son dossier par le Pool judiciaire financier à la suite d'une enquête de la Division des investigations criminelles (DIC), Awa Baldé a choisi de relancer l'affaire en engageant une citation directe contre le promoteur.
 
Aziz Ndiaye réfute l'escroquerie et invoque une vente régulière  

Appelé à la barre, l’administrateur de la société Aziz Business Company (ABC) a fermement rejeté les accusations d'escroquerie, qualifiant le dossier de pure invention. Pièces contractuelles et décharges signées à l'appui, Aziz Ndiaye a livré sa version des faits :

« C’est elle qui est venue vers moi pour me proposer la vente de ce terrain. Au départ, je n’étais pas intéressé. Elle a finalement accepté de me le céder pour 50 millions FCFA. »

Le commerçant importateur a précisé que ce terrain, qui n'était à l'origine qu'un simple champ doté d'un poulailler acheté jadis pour 11 millions de FCFA par l'ex-époux de la plaignante, a été intégralement payé à hauteur des 50 millions de FCFA convenus.

Il a nié en bloc toute promesse de villa ou d'accord à hauteur de 125 millions de FCFA, affirmant n'avoir découvert ce montant qu'au moment du dépôt de la plainte.
Le camp d'Awa Baldé dénonce un abus de confiance  

La plaignante a insisté sur les liens de proximité qui l'unissaient au prévenu, expliquant lui avoir fait « une confiance aveugle » car elle le considérait comme un grand frère. Cette vente devait par ailleurs l'aider à financer les soins de sa mère malade.
 

Face à cette situation, les avocats de la partie civile ont articulé leur plaidoirie autour de la manipulation et de la fraude. Leurs demandes se résument ainsi :
 
La reconnaissance des manœuvres frauduleuses : Me Bachir Lo a souligné que la naïveté reprochée à sa cliente n'effaçait pas les engagements verbaux pris par le promoteur. Une expertise judiciaire : Mes Ramatoulaye Ba et Ousseynou Ngom ont sollicité une expertise pour déterminer la valeur vénale réelle du terrain en 2018, afin de prouver la lésion subie. Des réparations financières : La partie civile réclame la condamnation du prévenu au paiement de 200 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts.
La défense plaide le litige civil et réclame 10 millions pour procédure abusive  

Pour le pool d'avocats d'Aziz Ndiaye, le tribunal correctionnel n'est tout simplement pas la bonne juridiction pour régler ce différend, qu'ils qualifient de purement civil et contractuel.
 

Me Souleymane Soumaré a exhibé les actes et décharges prouvant le versement intégral des 50 millions de FCFA et a soulevé la prescription des faits, survenus en 2018 pour une plainte déposée en 2025.

De son côté, Me Moussa Konaté a estimé qu'Awa Baldé manifestait simplement un « regret tardif » en constatant la forte valorisation du site après les investissements réalisés par le repreneur.
 

Enfin, Me Arona Basse a rappelé qu'en matière pénale, le délit d'escroquerie exige la preuve de manœuvres frauduleuses antérieures ou concomitantes à la signature, ce qui fait totalement défaut ici.

La défense a donc réclamé la relaxe pure et simple d'Aziz Ndiaye, tout en demandant la condamnation d'Awa Baldé à payer 10 millions de FCFA pour constitution abusive de partie civile.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et rendra son verdict le 23 septembre prochain.