Une exaspération face aux blocages à répétition
Les récents débats houleux à l'Assemblée nationale, illustrés par l'affrontement autour du Code pétrolier, les menaces de saisine du Conseil constitutionnel ou les différends budgétaires, traduisent un détachement grandissant entre le jeu parlementaire et les urgences du pays.
Dans cet appel solennel adressé au chef de l'État, les auteurs dénoncent une « guérilla parlementaire » stérile qui ne sert en rien les intérêts des citoyens sénégalais. Les affrontements politiques répétés risquent d'enrayer la machine administrative et de retarder la mise en œuvre des réformes socio-économiques attendues.
« Le pays ne doit pas être bloqué par la situation qui prévaut actuellement à l'Assemblée nationale. Les citoyens attendent de leurs représentants qu'ils travaillent à l'amélioration de leurs conditions de vie et qu'ils apportent des réponses concrètes aux défis économiques et sociaux. »
La responsabilité du président, garant de la stabilité
L'interpellation rappelle au président Bassirou Diomaye Faye son rôle central de garant du bon fonctionnement des institutions, de l'unité nationale et de la stabilité de l'État. Face à l'impasse, il incombe au premier des Sénégalais d'exercer pleinement ses prérogatives pour rétablir la fluidité institutionnelle.
Cette exigence de leadership remet au centre du débat les choix stratégiques qui s'offrent à l'Exécutif :
Engager une concertation au sommet pour surmonter les divergences sur les textes de loi stratégiques et utiliser, le moment venu, les leviers constitutionnels, notamment l'option de la dissolution de l'Assemblée nationale à compter du 2 décembre, pour redonner la parole au peuple et dégager une majorité claire.
Remettre les priorités des Sénégalais au cœur de l'action publique
L'appel souligne le décalage perçu entre les querelles de préseance de la classe politique et les réalités quotidiennes des ménages sénégalais. Dans un contexte de mise en œuvre de grands programmes sociaux (comme le PRA 2026) et de négociation des équilibres budgétaires, l'attention générale doit être recentrée sur les chantiers prioritaires :
- L'emploi des jeunes et l'insertion professionnelle.
- La préservation du pouvoir d'achat et la lutte contre la vie chère.
- L'accès à une éducation de qualité et à des soins de santé efficaces.
- Le développement des infrastructures et l'attractivité économique.
L'heure des choix stratégiques pour l'Exécutif
« Le moment est venu d'assumer pleinement vos responsabilités », conclut M. Ba. En appelant le président de la République à trancher le nœud gordien du blocage parlementaire, cet appel reflète une attente forte de l'opinion publique : voir les institutions fonctionner à plein régime pour concrétiser les engagements de rupture, de développement et de progrès social au bénéfice exclusif de la Nation.
