La coalition Diomaye Président a tenu son assemblée générale de validation de ses textes fondateurs, marquant l’aboutissement de quatre mois de travaux de restructuration conduits sous la supervision de l’ancienne Première ministre Aminata Touré, désignée à cette fonction par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye.
Mais au-delà de l’exercice organisationnel, la rencontre a surtout été l’occasion pour le président de la République de rétablir publiquement ce qu’il considère comme la vérité historique sur la naissance de la coalition qui l’a porté au pouvoir, dans un contexte de débat politique alimenté ces derniers jours par des déclarations du président du PASTEF, Ousmane Sonko.
Un hommage appuyé à Aminata Touré
Prenant la parole devant les délégués, le chef de l’État a d’abord tenu à rendre hommage au rôle joué par la superviseure générale de la coalition.
« Il est important que je rende un hommage appuyé au superviseur de la Coalition Diomaye Président. Je l’ai choisie alors que j’étais en prison. Il n’y a rien de nouveau. Personne ne peut réécrire l’histoire de la coalition Diomaye Président. »
Pour étayer ses propos, le président a évoqué plusieurs témoins présents dans la salle, dont Abdourahmane Diouf et Serigne Guèye Diop.
L’ancrage au Pastef mais une réalité juridique« Il y a des témoins ici même comme Dr Abdourahmane Diouf et Serigne Guèye Diop. Je les ai appelés au téléphone en prison. »
Le chef de l’État a également tenu à rappeler son appartenance politique tout en insistant sur le contexte juridique qui prévalait avant l’élection présidentielle.
« Je fais partie d’un parti politique qui est le Pastef, comme d’autres leaders ici même sont d’un autre parti. Ce que j’ai accompli et contribué au Pastef, je n’ai pas besoin de le raconter. Personne ne peut en douter. Et aujourd’hui plus que jamais j’affirme mon ancrage au Pastef. »
Toutefois, PASTEF ayant été dissous en 2023, il affirme que la coalition était juridiquement indispensable.
« Mais la vérité historique et juridique est que : le 31 juillet 2023, Pastef a été dissous. Personne ne peut le nier. Le décret existe toujours : 2023/14/07 du 31 juillet 2023. »
Il a rappelé que le parti n’a été rétabli qu’après son élection.
Une coalition indispensable pour participer à l’élection« Pastef a été rétabli le 27 mars 2024, trois jours après mon élection. Mon prédécesseur m’a remis un décret d’abrogation du décret de dissolution et je l’ai remis entre les mains du président de Pastef. »
Dans ce contexte, Bassirou Diomaye Faye explique que la coalition était la seule voie pour participer à la présidentielle.
« Donc que j’aille à une élection sous la bannière d’une coalition : si j’avais compté sur le récépissé de Pastef, je n’aurais pas pu participer parce que le Pastef n’existait plus. »
Il a aussi salué les formations et personnalités qui ont permis cette participation.
La genèse de la coalition rappelée« Il y a eu des personnes ici présentes à qui nous avons demandé leur soutien et leur aide en nous prêtant leur récépissé pour que nous participions à la présidentielle. Sans eux, nous n’y aurions pas participé. C’est ça la vérité de l’histoire. »
Le président a retracé les étapes de la création de la coalition, notamment une assemblée tenue en 2023.
« Il y a eu une assemblée générale le 22 septembre 2023 où des décisions ont été prises dont le nom de cette coalition, le choix d’Abdoulaye Fall comme responsable et Amadou Ba comme mandataire du candidat. C’est ça la genèse de la coalition. Personne ne pourra changer cette vérité historique. »
Il a aussi évoqué les démarches entreprises depuis sa détention.
« Vous vous êtes battus en étant dehors alors que j’étais en prison. Certains ont été démarchés au téléphone par moi, d’autres par mes camarades de parti du Pastef. »
Selon lui, Aminata Toure avait également été sollicitée pour rejoindre l’initiative.
Une mise au point après les propos de Sonko« Mme Aminata Touré a reçu El Malick Ndiaye, Ayib Daffe, Abasse Fall et Yacine Fall qui l’ont invitée à rejoindre notre coalition. »
Ces déclarations interviennent après des propos récents du leader de Pastef Ousmane Sonko, qui a affirmé la semaine dernière que son parti avait “élu Diomaye à 99 %” , suggérant que la victoire présidentielle serait essentiellement le fruit de la mobilisation du PASTEF.
Sans citer directement son allié, Bassirou Diomaye Faye a semblé répondre à cette lecture.
« Donc si aujourd’hui quelqu’un affirme que Diomaye a créé une coalition ou tente de falsifier l’histoire de cette coalition, tu ne peux pas réussir dans cette tentative. »
Le président a également rappelé les circonstances particulières de la campagne électorale.
« Nous sommes sortis de prison le 14 mars 2024, à dix jours des élections. Je vous ai rencontrés au siège que vous aviez bâti et en ce moment vous aviez déjà toutes vos instances. »
La coalition, déjà structurée, aurait ensuite parcouru le pays.
Un appel à l’humilité en politique« Nous avons ensuite été à la rencontre du Sénégal et nous avons accompli le travail pendant dix jours. Toutes les preuves sont documentées. Et Dieu a fait que nous avons été élus. »
Enfin, le chef de l’État est revenu sur son premier message après la victoire électorale.
« Après mon élection, ma première déclaration, je l’ai faite au Radisson et j’ai dit que je gouvernerai avec humilité. »
Avant d’adresser un message plus large à la classe politique.
« Tous les hommes politiques dans ce pays doivent garder à l’esprit que le Sénégal n’a pas commencé avec nous et qu’il ne finira pas avec nous. »
À travers cette intervention, Bassirou Diomaye Faye a ainsi cherché à réaffirmer le rôle collectif de la coalition Diomaye Président dans son accession au pouvoir , tout en rappelant le contexte politique et juridique particulier dans lequel sa candidature a émergé.