Baye Mayoro Diop charge à nouveau Ousmane Sonko

POLITIQUE
Mercredi 8 Avril 2026

Rien ne semble pouvoir tempérer l’ardeur de Baye Mayoro Diop. Après avoir réclamé le limogeage du Premier ministre le 4 avril dernier, le Directeur de la coopération décentralisée au Ministère de l’Urbanisme récidive. Cette fois, c'est la restriction des voyages ministériels qui est au cœur d'une charge virulente contre ce qu'il qualifie de « dictat » du chef du gouvernement. Un Premier ministre accusé d'outrepasser ses prérogatives

Le malaise couve au sein du pouvoir. Baye Mayoro Diop, figure connue pour son franc-parler, vient de porter une nouvelle estocade à Ousmane Sonko via ses réseaux sociaux. Le point de discorde : la récente directive du Premier ministre visant à encadrer, voire restreindre, les déplacements des membres du gouvernement à l’étranger.
 

Pour Diop, cette mesure n'est ni plus ni moins qu'une « imposture ». Il estime que le rôle de coordination dévolu au Premier ministre par la Constitution ne lui donne pas le droit de régenter l'agenda extérieur des ministres de manière discrétionnaire.

« Le PM ne détermine pas l'agenda extérieur des ministres. Il coordonne l'action du Gouvernement et il est attendu de lui qu'il le fasse avec respect et responsabilité. Pas sur la base de ses humeurs personnelles ou calculs politiques », a-t-il fustigé sur sa page Facebook.


Un appel à la désobéissance institutionnelle ?

L'attaque va au-delà de la simple critique technique. Baye Mayoro Diop invite ouvertement les ministres de la République à entrer en résistance pour préserver leur « dignité ». En les exhortant à voyager « partout où l'intérêt national le commande », il remet en question l'autorité directe de la Primature sur les départements ministériels.

Cette sortie met en lumière deux visions de la gouvernance qui s'affrontent au sein même de la mouvance présidentielle :
La vision de la Primature : Une volonté d'austérité et de rationalisation des dépenses publiques en limitant les missions coûteuses à l'étranger. La vision de la fronde (portée par Diop) : La crainte d'une centralisation excessive des pouvoirs entre les mains d'un seul homme, perçue comme une entrave à l'efficacité diplomatique et technique des ministères.

 


Ce n’est pas le premier coup d’éclat de ce responsable politique. Le 4 avril dernier, en pleine célébration de l’indépendance, il avait déjà provoqué un séisme en réclamant le limogeage immédiat d’Ousmane Sonko. À l'époque, ses propos avaient suscité un tollé, beaucoup y voyant une menace pour la cohésion du tandem exécutif.

En persistant dans cette voie, Baye Mayoro Diop semble vouloir se positionner comme le porte-voix d'une aile mécontente au sein de la coalition, dénonçant un style de management qu'il juge autoritaire.
Quel avenir pour la cohésion gouvernementale ?

Si la présidence garde pour l'instant le silence, cette énième sortie pose la question de la discipline de parti et de la solidarité gouvernementale. En tant que Directeur au sein d'un ministère, la position de Baye Mayoro Diop est délicate : peut-on rester dans l'appareil d'État tout en tirant à boulets rouges sur le chef d'orchestre du gouvernement ?

Dans un contexte de réformes structurelles profondes, ces fissures internes pourraient, si elles ne sont pas colmatées, fragiliser l'image de l'exécutif auprès d'une opinion publique qui attend des résultats concrets loin des querelles de palais.