Le ministre exprime l'incompréhension du gouvernement face à une posture qu'il juge réfractaire à toute compromission constructive. Selon Alpha Thiam, l'Exécutif n'a ménagé aucun effort pour associer les parlementaires aux arbitrages financiers :
« À la demande des commissaires, les travaux ont été suspendus pour permettre de répondre à leurs questions, et un mémorandum détaillé leur a été remis. Le Premier ministre a ensuite invité les députés à formuler par écrit leurs propositions d'amendement. Face à cette main tendue, la réponse a été un rejet en bloc. »
Pour le membre du gouvernement, cette fin de non-recevoir de la part de sa propre famille politique parlementaire ne relève pas d'un simple désaccord technique, mais d'une obstruction préjudiciable à la marche du pays.
Le péril économique : Entre choc budgétaire et menace sur le secteur privé
Rappelant la réalité aride des chiffres, Alpha Thiam souligne que le Sénégal fait face à une double contrainte macroéconomique sévère : une baisse prévisionnelle des recettes de 340 milliards de FCFA conjuguée à des besoins nouveaux s'élevant à 540 milliards de FCFA, principalement absorbés par les dépenses énergétiques et le renforcement des Forces de défense et de sécurité.
Bloquer la LFR 2026, qui porte 2 505 milliards de FCFA d'autorisations d'engagement et 1 590 milliards de crédits de paiement, c'est directement empêcher l'État de contenir la flambée des prix et de garantir la sécurité nationale.
Au-delà des agrégats macroéconomiques, le ministre tire la sonnette d'alarme sur le sort réservé au tissu entrepreneurial.
Un manque à gagner de 300 milliards de FCFA : C'est la somme prévue pour l'apurement de la dette intérieure due au secteur privé, venant s'ajouter aux 488,3 milliards déjà réglés via la LFR 2025. Plus de 350 000 travailleurs pénalisés : Hôteliers, artisans, opérateurs culturels, prestataires et salariés du privé subissent de plein fouet les conséquences de ce gel budgétaire.
Une temporalité critique à la veille des JOJ Dakar 2026
Le ministre souligne l'incongruité du calendrier de cette fronde parlementaire, qui intervient à quelques jours seulement de l'ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. À l'heure où les projecteurs du monde entier sont rivés sur le Sénégal, les acteurs économiques et culturels, dont le secteur du tourisme et de l'artisanat sous sa tutelle, ont impérativement besoin de stabilité financière et de la garantie que l'État honore ses engagements.
S'interrogeant sur la cohérence politique de la démarche, Alpha Thiam rappelle que les députés de la majorité avaient voté à l'unanimité la loi de finances initiale (LFI) 2026 : « Comment peuvent-ils aujourd'hui s'opposer à la LFR 2026, qui ne fait qu'en ajuster l'exécution aux nouvelles réalités ? », assène-t-il, en rappelant que le poids d'une super-majorité de 130 députés sur 165 implique le devoir de bâtir et non de bloquer.
En conclusion, le ministre en appelle à la conscience de chaque élu pour préserver la crédibilité internationale du pays, incarnée par la sélection récente du Sénégal au programme CERC de la Banque mondiale sous l'impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, exhortant la Représentation nationale à privilégier l'intérêt supérieur des familles, des entreprises et des travailleurs sénégalais.