CDC : Le syndicat des travailleurs salue le limogeage de Fadilou Keïta et réclame un audit approfondi

POLITIQUE
Mercredi 16 Septembre 2026


Le départ de Fadilou Keïta de la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) continue de faire des vagues. Si l'ancien Directeur général a affiché sa sérénité en annonçant lui-même la fin de ses fonctions ce mardi 15 septembre 2026, la nouvelle a été accueillie avec un grand soulagement par une frange importante du personnel.

 
Dans un communiqué ferme signé par son coordonnateur, Boubacar Fall, le Rassemblement des Travailleurs du Sénégal (RTS) s'est ouvertement réjoui du décret mettant fin aux fonctions du directeur général, qualifiant cette décision d'« anomalie de gouvernance enfin corrigée ».


Un bilan managérial et social vivement contesté
 
Pour l'organisation syndicale, le passage de M. Keïta à la tête de ce bras financier stratégique de l'État a été particulièrement tumultueux. Le RTS dénonce une gestion marquée par des décisions controversées, des choix stratégiques incertains et une communication jugée superficielle.

 

Au-delà des orientations financières, c'est surtout la détérioration brutale du climat social, exacerbée depuis avril 2024, qui concentre les critiques syndicales. Le RTS pointe du doigt plusieurs griefs majeurs :


Le syndicat fustige la mise à l'écart systématique de cadres expérimentés de la boîte et dénonce le licenciement jugé totalement injustifié de 42 travailleurs.

 
L'organisation souligne le paradoxe d'une direction qui s'est séparée de dizaines d'agents tout en procédant, en parallèle, à d'importantes vagues de recrutements au sein du groupe CDC.
 
Des exigences d'audit et de transparence financière
« Le départ de Fadilou Keïta ne doit pas constituer un simple changement de personne... Il doit ouvrir une nouvelle séquence de gouvernance fondée sur la compétence, la transparence et la responsabilité », martèle le communiqué du RTS.
 

Afin de faire toute la lumière sur la gestion récente de la CDC, le syndicat ne se contente pas de ce départ et appelle les autorités étatiques à engager sans délai plusieurs mesures de contrôle. Le RTS exige notamment :

  Un audit complet de la gestion administrative, financière, sociale et managériale de l'institution. Un examen rigoureux de l'ensemble des actes et décisions prises au cours de cette période. Une évaluation objective de la portée et de l'état d'exécution des nombreuses conventions et annonces de partenariats présentées, afin de distinguer les projets réellement engagés des "simples effets d'annonce".  
Une transition sous haute surveillance

Le limogeage de Fadilou Keïta par le président Bassirou Diomaye Faye , acté selon l'intéressé par un décret « antidaté du 10 septembre », marque un tournant pour la CDC. En attendant l'issue de l'appel à candidatures lancé par la Présidence pour trouver un remplaçant définitif, c'est l'actuel Secrétaire général de la boîte, Amadou Lamine Guissé, qui a été nommé pour assurer l'intérim.
 
Ce dernier aura la lourde tâche de ramener la sérénité au sein de l'institution, tout en composant avec les fortes attentes de transparence et de reddition des comptes exprimées par les représentants des travailleurs.