CEDEAO: Le Général d'Armée Birame Diop porté à la présidence de la Commission

POLITIQUE
Lundi 20 Juillet 2026

Le Sénégal réussit un coup de maître diplomatique sans précédent au sein de l’espace communautaire.


Réunis en sommet sous-régional ce dimanche 19 juillet 2026 à Freetown (Sierra Leone), les chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont officiellement désigné le Général d'Armée Birame Diop au poste stratégique de président de la Commission de la CEDEAO.


Cette consécration, survenue en marge de l'accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en exercice de l'organisation, installe Dakar au cœur absolu des décisions régionales pour le mandat 2026-2030.


Seul candidat en lice, soutenu de manière décisive par des puissances régionales clés comme la Côte d'Ivoire, l’ex-ministre sénégalais des Forces armées succédera au Gambien Omar Alieu Touray, dont le mandat quadriennal s'achève ce mois-ci.


 
Le pedigree exceptionnel d’un général-diplomate

 
Le choix du Général Birame Diop à la tête de l’organe exécutif de la CEDEAO ne doit rien au hasard. Né à Thiès, formé au Prytanée militaire de Saint-Louis et diplômé de l'École royale de l'air de Marrakech, l'homme présente un profil rare, alliant rigueur militaire de terrain et haute voltige diplomatique.


Son parcours exceptionnel parle pour lui : Chef d'état-major de l'Armée de l'air sénégalaise (2015-2017), Chef d'état-major général des Armées (CEMGA) du Sénégal (2020-2021), Conseiller militaire du Secrétaire général des Nations unies (ONU) à New York, Ministre des Forces armées dans le gouvernement d'Ousmane Sonko sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye (avril 2024 - juin 2026).
Ce solide bagage fait de lui l'un des experts africains les plus respectés en matière de réforme du secteur de la sécurité, de gestion des conflits et de coopération multilatérale.
 



Les chantiers herculéens du mandat 2026-2030
 
Le Général Birame Diop prend les commandes de la Commission dans une période de tempête géopolitique où l'organisation cherche à préserver son unité. Les défis qui l'attendent sont considérables.

 
La crise de l'AES et la réconciliation régionale

 
Sa priorité absolue sera d'amorcer le dialogue pour obtenir la réintégration ou, à défaut, une formule de cohabitation viable avec les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — qui ont acté leur rupture avec l'organisation. Son profil d'officier respecté par ses pairs sahéliens est un atout majeur pour mener ces négociations de la dernière chance.

 
L'opérationnalisation de la force antiterroriste

 
Face à l'expansion des groupes armés terroristes dans la sous-région, le nouveau président de la Commission devra activer des leviers opérationnels concrets, notamment le déploiement effectif de la force régionale antiterroriste de la CEDEAO.


La relance de l'intégration économique et de la gouvernance


Au-delà de la sécurité, le Général Diop devra moderniser les institutions communautaires, consolider l'État de droit et relancer les mécanismes d'intégration économique pour rapprocher la CEDEAO des aspirations de ses populations.


Le soutien total du Président Bassirou Diomaye Faye


Cette élection a été immédiatement saluée par le président de la République du Sénégal. À travers un message empreint de fraternité et de fierté, Bassirou Diomaye Faye a assuré le nouveau patron de l'exécutif régional de son soutien indéfectible :
 
« Je félicite le Général d'Armée Birame Diop, élu à la présidence de la Commission, et l'assure de tout mon soutien. Vive la CEDEAO. Vive une Afrique de l'Ouest réconciliée et unie. »


Avec un Sénégalais à la présidence de la Conférence des chefs d'État et un autre à la présidence de la Commission, le tandem Faye-Diop dispose désormais des pleins pouvoirs institutionnels pour insuffler une nouvelle dynamique et redessiner l'avenir de l'Afrique de l'Ouest.