La réaction des acteurs du secteur ne s'est pas fait attendre. Réagissant à la publication du document officiel sur le levée de la suspension des conventions publicitaires de l’Etat, Cheikh Niass, PDG du groupe Walfadjri, a vivement exprimé le calvaire financier traversé par son entreprise et par l'ensemble du secteur médiatique au cours des deux dernières années.
« Enfin, une bonne nouvelle. Sonko nous a fait très mal avec la suspension des conventions », a-t-il déclaré avec amertume.
Le patron du groupe de Khar Yalla a révélé les sacrifices consentis pour maintenir l'outil de travail et sauvegarder les emplois.
Un endettement massif
En deux ans de diète publicitaire, le groupe a dû emprunter des centaines de millions de francs CFA auprès des banques pour éviter la faillite.
L'objectif prioritaire a été de maintenir l'intégralité des postes de travail malgré la crise de trésorerie.
Saluant la perspective d'un avenir plus serein pour la presse nationale, Cheikh Niass a conclu sur une note de sagesse républicaine :
«Jub jubal amena solo, mais yeurmande tamite amena solo » (La droiture et la rigueur sont nécessaires, mais la compassion l'est tout autant).
Un tournant décisif pour l'écosystème médiatique sénégalais
La suspension des conventions publicitaires, décidée dans le cadre des mesures d'assainissement des finances publiques et de rationalisation des dépenses de l'État, avait plongé plusieurs groupes de presse privés dans une précarité extrême, entraînant parfois des retards de salaires et des réductions d'effectifs.
En conditionnant le retour des financements publics à des critères d'audience vérifiables et au respect de la réglementation sociale et professionnelle, l'État espère assainir le secteur et favoriser l'émergence d'entreprises de presse viables et professionnelles. Pour les acteurs des médias, cette décision marque le début d'une phase de normalisation essentielle à la survie de la liberté de la presse et du pluralisme démocratique au Sénégal.
