Parmi les nouveaux pensionnaires de la citadelle du silence, le profil de Chérif Aly Diatta attire particulièrement l'attention. Adjoint au maire de Ouakam, chargé des arts, de la culture et du patrimoine, cet homme politique influent se retrouve désormais au cœur d'une tourmente judiciaire sans précédent.
À ses côtés, quatre autres individus ont été inculpés : un enseignant officiant dans un institut privé à Tivaouane-Peulh ; un vigile en poste dans une école du quartier huppé du Point E ; un traiteur appréhendé à Ouakam et un cinquième suspect interpellé à Guédiawaye.
Des chefs d'inculpation accablants
La gravité des faits reprochés souligne l'ampleur du scandale. Selon des sources proches du dossier, trois des cinq inculpés sont poursuivis pour transmission volontaire du VIH, une infraction lourdement sanctionnée par le code pénal sénégalais. Par ailleurs, l’ensemble du groupe est visé par des poursuites pour actes contre nature.
Ces arrestations découlent de l’exécution d’une délégation judiciaire confiée à la Brigade de recherches de Keur Massar. Les gendarmes, sous la supervision du procureur Saliou Dicko, mènent un travail de fond qui a déjà conduit à l'interpellation de plus de 68 personnes depuis le début de la semaine dernière.
Une enquête qui s'accélère
Le déferrement de ce jeudi matin marque une volonté des autorités judiciaires d’aller vite et loin dans le démantèlement de ce réseau. La diversité des profils interpellés — allant de l'élu local à l'enseignant — témoigne de l'étendue des ramifications de cette affaire qui tient le pays en haleine.
Alors que l'instruction se poursuit au premier cabinet de Pikine-Guédiawaye, l'opinion publique reste suspendue aux prochains développements d'une enquête qui semble encore loin d'avoir livré tous ses secrets.