Conseil des ministres ou Secrétariat exécutif permanent de Bennoo Bokk Yaakaar

COUP DE GUEULE
Dimanche 4 Juin 2017

(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({}); «Le Premier ministre, après avoir remercié le président de la République pour sa désignation comme tête de liste de la coalition présidentielle lors des élections législatives du 30 juillet 2017 a souligné l’impératif de mobiliser et d’engager l’ensemble des membres du Gouvernement, instance collégiale et solidaire, pour partager avec les Sénégalais le bilan fort élogieux du chef de l’Etat et les perspectives prometteuses, consignées dans le Plan Sénégal Emergent», c’est le 14e paragraphe du Conseil des ministres qui s’est tenu le mercredi 31 mai 2017, à 11 heures, au Palais de la République.
 
Cela nous amène à dire, plus que jamais,  qu’il y a une confusion gravissime des rôles orchestrée au sommet de la République entre le parti ou la coalition présidentielle et l’Etat. Et que le Conseil des ministres est assimilé au Secrétariat exécutif permanent de Bennoo Bokk Yaaakar.
 
Le Conseil des ministres, prévu par la Constitution (article 42, alinéa V) pour débattre librement et adopter certains des principaux actes du pouvoir exécutif, est défini comme une réunion collégiale réunissant l’ensemble des ministres (les secrétaires d’État ne doivent y siéger normalement que lorsque des affaires de leur compétence y sont évoquées). Le Secrétaire général du Gouvernement et le Secrétaire général de la présidence de la République y assistent également. Même si tout ce beau monde appartient à un même parti ou coalition politiques, il est malséant  d’y manifester une posture politico-partisane a fortiori de la coucher dans le communiqué officiel du Conseil des ministres.
 
Quand bien même, dans cette instance de la République, le Premier ministre aurait remercié le Président pour lui avoir confié une telle mission, il ne revenait pas au porte-parole du gouvernement de l’évoquer dans le texte officiel sanctionnant le Conseil des ministres. C’est là, une fois de plus, une faute communicationnelle qui montre toute la désinvolture accompagnant très souvent le texte intelligible du Conseil des ministres.
 
Serigne Saliou Guèye