Les images ont fait le tour des réseaux sociaux : des milliers de jeunes, massés devant les nouveaux locaux de « Diodio Glow Skin », espérant décrocher un emploi. L’entreprise, spécialisée dans les produits cosmétiques, avait publié une simple annonce de recrutement sur TikTok. En quelques heures, cette offre anodine s’est transformée en un phénomène social, révélateur d’une réalité douloureuse : le chômage des jeunes au Sénégal demeure un fléau structurel. Un emballement symptomatique Dès les premières heures du lundi, une foule compacte s’est ruée vers le siège flambant neuf de la marque. Face à l’afflux, la propriétaire a dû suspendre le processus de recrutement et inviter les candidats à postuler en ligne. Une scène surréaliste, mais tristement familière, dans un pays où chaque offre d’emploi devient un exutoire collectif.
Ce rassemblement, à la fois cocasse et dramatique, illustre le désarroi d’une jeunesse à la recherche d’opportunités. Dans les commentaires en ligne, beaucoup y voient le symbole d’une économie qui peine à absorber une main-d’œuvre toujours plus nombreuse. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) confirment la gravité du phénomène. En 2022, le taux de chômage élargi s’élevait à 26,2 %. Il a reculé à 21,5 % en 2023, avant de remonter à 23,2 % en 2024. En mars 2025, un an après l’arrivée du régime de Bassirou Diomaye Faye, il reste encore à 21,7 %. Malgré les réformes successives et les investissements massifs dans la formation professionnelle, le marché du travail sénégalais demeure rigide, inégal et sous-performant.
Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP 2026-2028) pointe notamment un ralentissement inquiétant de la croissance des effectifs en formation, tombée à 7,41 %, tandis que le taux de réussite aux examens professionnels stagne à 68,6 %, soit cinq points en dessous des objectifs. Formation et réalité économique : un écart persistant
Les autorités invoquent souvent le manque de formation adaptée pour justifier le chômage. Mais la réalité est plus complexe : même les diplômés peinent à s’insérer, faute d’un tissu productif assez dynamique pour absorber la main-d’œuvre.
Les entreprises, quant à elles, dénoncent des coûts salariaux élevés, des impôts dissuasifs et un accès difficile au financement.
Pour beaucoup d’observateurs, le modèle économique actuel peine à créer de l’emploi productif durable, notamment dans les régions rurales où la croissance ne se traduit pas en opportunités concrètes. Des scènes qui se répètent L’épisode de « Diodio Glow Skin » rappelle celui de janvier dernier, lorsque des centaines de jeunes avaient pris d’assaut les locaux du Bureau d’Accueil, d’Orientation et de Suivi (BAOS) à Sacré-Cœur pour postuler à des postes saisonniers en Espagne.
Deux situations différentes, mais un même désespoir : celui d’une jeunesse prête à tout pour un revenu, même temporaire. Un signal d’alarme pour les décideurs
Ces scènes de foule devant des entreprises privées devraient, selon plusieurs économistes, interpeller l’État.
Elles traduisent une crise de confiance entre la jeunesse et le système socio-économique : un sentiment d’exclusion grandissant face à un marché du travail saturé, et une demande pressante d’initiatives concrètes.
Au-delà des statistiques, ce sont les images virales de ces foules compactes, téléphones à la main et CV dans la poche, qui incarnent aujourd’hui le vrai visage du chômage au Sénégal.
Une urgence sociale qui appelle non plus des programmes ponctuels, mais une refondation du modèle économique et éducatif, pour que chaque annonce d’emploi ne se transforme plus en émeute silencieuse de l’espoir.
Ce rassemblement, à la fois cocasse et dramatique, illustre le désarroi d’une jeunesse à la recherche d’opportunités. Dans les commentaires en ligne, beaucoup y voient le symbole d’une économie qui peine à absorber une main-d’œuvre toujours plus nombreuse. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) confirment la gravité du phénomène. En 2022, le taux de chômage élargi s’élevait à 26,2 %. Il a reculé à 21,5 % en 2023, avant de remonter à 23,2 % en 2024. En mars 2025, un an après l’arrivée du régime de Bassirou Diomaye Faye, il reste encore à 21,7 %. Malgré les réformes successives et les investissements massifs dans la formation professionnelle, le marché du travail sénégalais demeure rigide, inégal et sous-performant.
Le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP 2026-2028) pointe notamment un ralentissement inquiétant de la croissance des effectifs en formation, tombée à 7,41 %, tandis que le taux de réussite aux examens professionnels stagne à 68,6 %, soit cinq points en dessous des objectifs. Formation et réalité économique : un écart persistant
Les autorités invoquent souvent le manque de formation adaptée pour justifier le chômage. Mais la réalité est plus complexe : même les diplômés peinent à s’insérer, faute d’un tissu productif assez dynamique pour absorber la main-d’œuvre.
Les entreprises, quant à elles, dénoncent des coûts salariaux élevés, des impôts dissuasifs et un accès difficile au financement.
Pour beaucoup d’observateurs, le modèle économique actuel peine à créer de l’emploi productif durable, notamment dans les régions rurales où la croissance ne se traduit pas en opportunités concrètes. Des scènes qui se répètent L’épisode de « Diodio Glow Skin » rappelle celui de janvier dernier, lorsque des centaines de jeunes avaient pris d’assaut les locaux du Bureau d’Accueil, d’Orientation et de Suivi (BAOS) à Sacré-Cœur pour postuler à des postes saisonniers en Espagne.
Deux situations différentes, mais un même désespoir : celui d’une jeunesse prête à tout pour un revenu, même temporaire. Un signal d’alarme pour les décideurs
Ces scènes de foule devant des entreprises privées devraient, selon plusieurs économistes, interpeller l’État.
Elles traduisent une crise de confiance entre la jeunesse et le système socio-économique : un sentiment d’exclusion grandissant face à un marché du travail saturé, et une demande pressante d’initiatives concrètes.
Au-delà des statistiques, ce sont les images virales de ces foules compactes, téléphones à la main et CV dans la poche, qui incarnent aujourd’hui le vrai visage du chômage au Sénégal.
Une urgence sociale qui appelle non plus des programmes ponctuels, mais une refondation du modèle économique et éducatif, pour que chaque annonce d’emploi ne se transforme plus en émeute silencieuse de l’espoir.