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Diplomatie, FMI, rupture avec Sonko, soutien à Macky Sall : Bassirou Diomaye Faye assume tout

POLITIQUE
Vendredi 25 Septembre 2026

En marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a accordé un entretien exclusif aux antennes de France 24 et RFI. Dans un exercice de clarification politique et diplomatique, le chef de l'État s'est exprimé sur les grandes orientations de son mandat : de la succession à la tête de l'ONU à l'accord récemment conclu avec le FMI, en passant par le limogeage d'Ousmane Sonko et la situation sécuritaire au Sahel.

Une diplomatie audacieuse : le soutien à Macky Sall et le plaidoyer pour l'Afrique

Alors que le mandat de l'actuel Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, touche à sa fin au 31 décembre, la course à sa succession fait rage dans les couloirs de l'ONU. Dans ce contexte, Bassirou Diomaye Faye a tenu à réaffirmer sans ambiguïté son soutien à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall.

Officiellement appuyée par Dakar depuis juillet dernier, cette candidature conserve, selon le chef de l'État, « encore toutes ses chances de succès ». Rappelant que « les jeux restent ouverts » tant que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ne se sont pas prononcés, Bassirou Diomaye Faye fait de ce choix l'étendard d'un combat historique : l'attribution d'une place permanente pour le continent africain au sein du Conseil de sécurité.

« La place qui doit être celle de l'Afrique au sein de l'ONU ne peut être mieux défendue que par un Africain », a-t-il martelé, rappelant que le continent comptera 2,5 milliards d'habitants à l'horizon 2050.

Économie et FMI : la rigueur sans « l'austérité »

Sur le front économique, le Sénégal sort de négociations intenses conduites après la révélation d'une dette publique cachée sous l'ancienne administration. Dakar est parvenu à sceller un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un programme de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Alors que les discussions avec les créanciers privés et bilatéraux se poursuivent dans le cadre du Cadre commun du G20 — avec un aboutissement espéré « d'ici quelques mois » —, le président récuse fermement l'étiquette d'austérité budgétaire.

Face aux critiques émanant y compris des rangs du Pastef, qui l'accusent d'une trop grande soumission aux bailleurs de fonds internationaux, le président réplique par des chiffres sociaux :

 L'enveloppe des bourses de sécurité familiale a été doublée pour atteindre 70 milliards de francs CFA en 2026, avant de porter sa capacité à 140 milliards dès 2027.

 « Dans un registre d'austérité, on ne recrute pas 2 000 enseignants », fait-il valoir.

Recadrant le débat interne, le chef de l'État a rappelé qu'il ne répondait qu'à un seul engagement : « Je ne suis lié que par le serment prêté devant les Sénégalais lors de mon investiture, le 2 avril 2024. Il n'y a pas d'autres choses qui m'engagent. »

Clarification politique : le limogeage de Sonko et l'option de la dissolution

L'entretien a également été l'occasion d'aborder les tensions au sommet de l'État. Interrogé sur le limogeage retentissant d'Ousmane Sonko du poste de Premier ministre — intervenu peu après une visite des équipes du FMI et accompagné d'une vaste vague de restructuration touchant une centaine de directeurs généraux —, Bassirou Diomaye Faye a évoqué de simples « divergences persistantes » sur la conduite des affaires publiques.

Dramatisant peu la rupture avec son ancien allié politique, il s'est fendu d'un constat pragmatique : « Je me suis choisi un autre Premier ministre et le Sénégal avance. »

Concernant l'avenir des relations avec le pouvoir législatif, le président dispose, à compter du 2 décembre prochain, du droit constitutionnel de dissoudre l'Assemblée nationale. S'il affirme n'avoir « aucune fixation » sur cette option, il refuse catégoriquement de fermer la porte : « Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? Selon ce qu'on aura en face, on décidera. »

Sécurité régionale et diplomatie sahélienne

Récemment porté à la présidence en exercice de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye a réservé son tout premier déplacement officiel au Mali, marquant ainsi sa volonté de maintenir le dialogue avec les pays formant la Confédération des États du Sahel (AES - Mali, Burkina Faso, Niger). Tout en affirmant respecter la décision souveraine de ces trois nations de quitter l'organisation régionale, le président sénégalais insiste sur la nécessité de préserver la libre circulation des personnes et des biens.

« Nous n'avons pas de sens interdit », a-t-il affirmé, plaidant pour une coexistence pragmatique.

Cette ouverture diplomatique répond également à des impératifs sécuritaires stricts. Confronté à la dégradation du contexte sécuritaire chez ses voisins, le chef de l'État garde une lucidité absolue :

« Le Sénégal ne peut pas dire qu'il est à l'abri, car le terrorisme n'a pas de frontières. »

Pour parer à la menace, Dakar intensifie le partage de renseignements et mène des patrouilles conjointes aux frontières, un dispositif d'autant plus crucial que le pays s'apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ Dakar 2026), une première historique pour le continent africain.

Souveraineté culturelle et réponse cinglante aux critiques occidentales

Interpellé en fin d'entretien sur les réactions internationales suscitées par la promulgation, le 31 mars dernier, de la loi renforçant la criminalisation de l'homosexualité au Sénégal, le chef de l'État s'est montré particulièrement incisif.

« De quelle communauté internationale parlez-vous ? », a rétorqué sèchement Bassirou Diomaye Faye, réclamant le respect des réalités socioculturelles de son pays. « Quand ils ont légalisé le mariage homosexuel, nous étions très choqués. Mais est-ce que nous avons réagi ? Non. Nous demandons la même chose », a-t-il conclu, fermant ainsi la porte à toute pression extérieure sur les choix sociétaux de la nation sénégalaise.


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