Donald Trump et le gel des visas : ce que ça change pour l’Afrique… et pour les Sénégalais

INTERNATIONAL
Jeudi 15 Janvier 2026


Que s’est-il passé ?

L’administration Trump a annoncé, le 14 janvier, un gel indéfini du traitement des visas d’immigrants pour les personnes venant de 75 pays. Un visa d’immigrant, c’est le visa qui permet de s’installer durablement aux États-Unis (par exemple avant d’obtenir une carte verte).Cette mesure ne concerne pas les visas de tourisme, affaires ou court séjour. Elle touche surtout ceux qui espéraient vivre, travailler, rejoindre leur famille ou refaire leur vie aux États-Unis.

La liste complète des 75 pays n’a pas encore été publiée officiellement par le Département d’État, mais on sait déjà que certains pays sont cités ou visés par les annonces et plusieurs pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie déjà touchés par le travel ban élargi en décembre 2025. En parallèle, la Maison-Blanche a déjà étendu son “travel ban” (interdiction de voyager ou restrictions fortes) à de nouveaux pays, portant à 38 le nombre de pays soumis à une interdiction totale ou partielle d’entrée sur le territoire américain.

 
Quels pays africains sont concernés – et pourquoi ça parle directement aux Africains ?
La liste complète des 75 pays n’est pas encore publique, mais plusieurs pays africains sont déjà cités ou visés par les décisions récentes de Washington, notamment via le travel ban élargi de décembre 2025 ou les nouvelles restrictions : Somalie, Soudan, Libye, Érythrée, Mali, Niger, Burkina Faso, Sierra Leone, Afrique en conflit ou en crise politique, etc.

Même si le Sénégal n’est pas (à ce stade) cité dans les pays visés, ces décisions concernent directement le continent.

Beaucoup d’Africains ont de la famille, des conjoints ou des proches dans les pays touchés. Des réfugiés africains fuyant la guerre ou la répression risquent de voir la porte américaine se refermer encore davantage. Les États-Unis étaient pour beaucoup un “plan B” : études, travail, regroupement familial, migrations professionnelles… ce chemin devient plus incertain.
Gel des visas vs travel ban : ce que ça veut dire pour un Africain
On entend deux notions différentes : 1. Travel ban (interdiction de voyager)
Pour certains pays, les États-Unis imposent une interdiction totale ou très forte : Très difficile, voire impossible, d’obtenir un visa même de tourisme, d’affaires ou d’études. Beaucoup de demandes sont refusées par principe, avant même l’examen au cas par cas. 2. Gel des visas d’immigrants
Ici, Washington dit en substance :

« On met en pause le traitement des demandes de résidence permanente pour les ressortissants de 75 pays, le temps de revoir nos critères. »
Concrètement, pour un Africain concerné : Le dossier est bloqué, sans réponse. On peut rester des mois voire des années à attendre, sans savoir si la procédure reprendra un jour. La personne ne peut pas avancer dans son projet de vie (mariage, regroupement familial, travail, installation). Pourquoi cette décision inquiète particulièrement en Afrique ?
Officiellement, la Maison-Blanche invoque : la sécurité nationale, la lutte contre les “charges publiques” (étrangers qui risquent de dépendre des aides sociales). Mais pour beaucoup d’Africains, cela ressemble à : un durcissement ciblé contre les pays en crise, souvent non européens et parfois à majorité musulmane ; une suspicion généralisée envers les migrants du Sud, traités comme des menaces potentielles ou des “poids” pour le système social ; un mépris implicite pour les trajectoires de gens qui cherchent juste la sécurité, le travail ou un avenir pour leurs enfants. Des ONG, des juristes et des agences de l’ONU dénoncent : le risque d’atteintes au droit d’asile, des politiques discriminatoires, la séparation durable de familles éclatées entre l’Afrique, l’Europe et les États-Unis. Et pour un Sénégalais, qu’est-ce que ça change ?

Même si le Sénégal n’est pas dans les pays explicitement cités, il y a plusieurs niveaux d’impact :

Impact direct (si un jour le Sénégal est ajouté)
Les demandes de carte verte, de regroupement familial ou d’installation permanente pourraient être gelées. Les projets de migration durable vers les États-Unis deviendraient beaucoup plus risqués et imprévisibles.

Impact indirect dès maintenant
De nombreux Sénégalais ont des conjoints, enfants, frères/sœurs en Afrique de l’Ouest ou de l’Est, dans des pays déjà ciblés (Mali, Niger, Somalie, Soudan, etc.). Les réseaux familiaux transnationaux peuvent se retrouver bloqués : un membre de la famille aux États-Unis, un autre dans un pays sous gel ou sous travel ban, et l’impossibilité de les réunir.
Un signal politique clair
Le message est que les États-Unis veulent moins d’immigration venue du Sud, plus de filtres, plus de suspicion. Pour les jeunes Sénégalais qui rêvent d’Amérique, cela oblige à repenser les stratégies : plus de risques, plus d’incertitude, plus de délais. Concrètement, si tu viens d’un pays africain visé :
Avec un travel ban, obtenir un visa devient extrêmement difficile, même pour des visites courtes (tourisme, études, missions professionnelles).

Avec le gel des visas d’immigrants, tu peux encore, en théorie, demander un visa de tourisme ou d’affaires. Mais ta demande pour t’installer durablement (rejoindre un conjoint, un parent, travailler sur place, etc.) peut rester bloquée sans date de reprise.
 
À retenir pour un public africain et sénégalais
Donald Trump a annoncé un gel indéfini des visas d’immigrants pour 75 pays, principalement du Sud global. Cette décision vient s’ajouter à un travel ban élargi qui touche déjà 38 pays, dont plusieurs États africains. Officiellement, il s’agit de sécurité nationale et de protection du système social. 

En pratique, pour des millions d’Africains, cela veut dire : projets de migration suspendus, familles séparées plus longtemps, chemin vers les États-Unis encore plus étroit.
 
Pour les Sénégalais, c’est un signal d’alerte : même si le pays n’est pas sur la première liste, le climat migratoire mondial se durcit. Il devient indispensable de : se renseigner très précisément avant de lancer un projet d’installation aux États-Unis, diversifier les options (Afrique, Europe, Amérique du Nord, monde arabe), et comprendre que l’“American dream” passe désormais par davantage de filtres, de critères et… d’incertitude.