Doudou Ka crée le Parti pour le Grand Sénégal (PGS).

POLITIQUE
Jeudi 9 Juillet 2026

 

Dans un contexte national marqué par de vives tensions institutionnelles entre le pouvoir exécutif et la majorité parlementaire, l’offre politique sénégalaise s'enrichit d'une nouvelle formation.

L'ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Doudou Ka, a profité d’une rencontre restreinte avec ses compagnons fondateurs pour dévoiler les orientations doctrinales du Parti pour le Grand Sénégal (PGS).

Refusant les slogans d'opportunité et les promesses non quantifiables, l'ingénieur et banquier d'affaires formalise une démarche méthodologique qu'il qualifie de « grammaire politique de vérité ».
 
Le diagnostic d'un discours public en déconnexion avec le réel  

Pour le fondateur du PGS, la crise que traverse le Sénégal dépasse les simples clivages de personnes et traduit une défaillance systémique du discours public.

Il pointe du doigt une inversion du vocabulaire politique où le concept de souveraineté est régulièrement brandi sans que soient alignés les ressources financières et les leviers techniques indispensables à sa matérialisation.

Pour illustrer cette déconnexion, il évoque la situation de certains États de la sous-région qui revendiquent une indépendance aérienne alors que celle-ci repose sur un unique vol commercial opéré par un partenaire extérieur.

Selon son analyse, ce décalage entre la rhétorique officielle et les réalités matérielles a fragmenté le pays en quatre blocs sociologiques distincts, caractérisés par un milieu urbain saturé, des zones rurales délaissées, une diaspora épuisée par l'effort de soutien et une jeunesse en manque de repères clairs.
 
Une planification par paliers : Fondations, Maîtrises et Ambitions  

Pour remédier à ces déséquilibres, la doctrine du PGS récuse les engagements globaux immédiats et impose une planification strictement hiérarchisée, interdisant de promettre le statut de puissance sans avoir consolidé les bases du développement.

Au premier échelon se trouvent les Fondations, qui regroupent les compétences régaliennes non négociables de l'État, à savoir la gestion foncière, la sécurisation des frontières, l'appareil judiciaire, la sécurité intérieure et l'équilibre des finances publiques.

Une fois ce socle consolidé, le programme articule les compétences sectorielles, baptisées les Maîtrises, selon deux temporalités distinctes. Les maîtrises vitales, qui englobent l'autosuffisance alimentaire, l'accès à l'eau, la santé publique, la fourniture énergétique, la transition climatique et la protection sociale, constituent les priorités exclusives du premier mandat.

Les maîtrises à conquérir, telles que l'industrialisation, le saut numérique, la modernisation administrative, la gestion démographique et l'attractivité des investissements, s'inscrivent quant à elles dans un plan décennal.
 

Ce n'est qu'au sommet de cette pyramide que se dessinent enfin les Ambitions de puissance liées à la diplomatie, à la culture, au sport, au tourisme religieux et au positionnement régional, conçues pour être bâties sur une génération entière. Soucieux d'opposer des critères évaluables aux discours incantatoires, le parti se fixe par exemple l'objectif précis de porter le taux d'autosuffisance en riz de 40 % à 80 %.
 
Sécurité nationale, identité et développement territorial  

Sur les questions culturelles et sécuritaires, Doudou Ka réaffirme l'identité croyante du Sénégal, estimant qu'elle n'a pas à se justifier devant des instances extérieures, tout en préconisant une vigilance accrue face à l'instabilité de la zone sahélienne.

Le programme accorde également une attention prioritaire à la Casamance, désignée comme la blessure la plus profonde du corps social, pour laquelle le PGS préconise un désenclavement structurel par le réseau ferré combiné à des politiques de développement économique intégré s’étendant jusqu'à l'axe de Kédougou.

Pour traduire cette vision en actions concrètes, le fonctionnement interne de la nouvelle formation impose aux adhérents une discipline stricte axée sur la retenue de la parole, la rigueur méthodologique et le respect des engagements.

Sous la devise « Libres de penser. Solidaires d’agir », l'organisation prépare désormais son lancement officiel sous le mot d'ordre « Doggu ngir Kawël Sénégal » (Bâtir un plus Grand Sénégal), avec l'ambition de se positionner comme une alternative technique et pragmatique sur l'échiquier politique national.

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