Doudou Wade charge Sonko et l’accuse de fuir ses responsabilités

POLITIQUE
Lundi 12 Janvier 2026

Invité d’une émission sur la chaîne CNM, Doudou Wade a livré une sortie sévère contre le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il accuse de privilégier ses préoccupations personnelles au détriment des urgences nationales. L’ancien député, figure politique connue pour ses positions tranchées, a estimé que le chef du gouvernement serait « toujours dans la solution de ses propres problèmes », dénonçant une posture qu’il juge incompatible avec l’exigence d’action attendue à la tête de l’exécutif.

Dans son intervention, Doudou Wade décrit ce qu’il considère comme une stratégie d’évitement systématique. Selon lui, plutôt que d’affronter les difficultés par des réponses politiques et administratives solides, Ousmane Sonko choisirait la confrontation verbale, alimentée par « la calomnie et des accusations gratuites ».

Une manière, à ses yeux, de déplacer le débat et de se soustraire à l’évaluation de l’action gouvernementale. L’ancien parlementaire va plus loin en affirmant que cette attitude traduirait une incapacité à tenir une ligne de vérité et de constance face aux épreuves du pouvoir. « Il ne peut pas affronter les difficultés honnêtement avec les armes qu’il a dans la vérité et dans la durée », a-t-il insisté, dans une formule destinée à marquer l’opinion.

Au-delà de la charge personnelle, la critique de Doudou Wade s’inscrit dans un procès plus large sur le style de gouvernance. Il reproche au Premier ministre de multiplier les diversions et de rechercher en permanence des issues de secours pour éviter d’assumer pleinement ses choix. « À chaque fois, il est en train de rechercher un alibi », a-t-il conclu, suggérant une communication défensive plutôt qu’un leadership de commandement.

L’ancien député estime, au contraire, que la gravité du moment impose au chef du gouvernement une posture de responsabilité totale. Dans son propos, cela passe par une parole claire sur les priorités, des décisions courageuses, et une capacité à faire face à la controverse sans se réfugier derrière des récits accusatoires.

Dans cette logique, Doudou Wade évoque même l’hypothèse d’une démission, présentée comme un acte de cohérence si le Premier ministre considère ne pas disposer des moyens politiques ou institutionnels nécessaires pour gouverner. Une référence qui vise à placer le débat au niveau de l’éthique de responsabilité : assumer, décider, ou se retirer.

Cette sortie intervient dans un contexte où l’exécutif est scruté sur plusieurs fronts, entre attentes sociales élevées, demandes de résultats rapides et climat politique encore tendu. En ciblant directement Ousmane Sonko, Doudou Wade cherche aussi à imposer un cadrage : celui d’un Premier ministre davantage dans la polémique que dans la conduite de l’action publique. Reste à voir si ces attaques provoqueront une réponse du principal intéressé ou de son entourage, ou si elles s’ajouteront à la longue séquence de joutes verbales qui rythme la scène politique.

En attendant, l’intervention de Doudou Wade relance une question centrale : dans un moment de forte demande de gouvernance, la bataille politique doit-elle se jouer sur le terrain de la polémique et des accusations, ou sur celui de la transparence, des choix assumés et des résultats mesurables ?