Droits des détenus : Me Moussa Sarr, le ministre de la Justice, annonce la fin des fouilles à nu dans les prisons sénégalaises

JUSTICE
Mercredi 5 Aout 2026



Dans le cadre d'une modernisation du cadre pénitentiaire et du respect de la dignité humaine, le gouvernement sénégalais prépare l'abandon définitif des fouilles à nu pratiquées sur les personnes incarcérées ou placées sous mandat de dépôt.

Le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, en a fait l'annonce lors d'une audience accordée au président de l'association Contribuable 221, Thiemo Mountaga Sy.

 
Des scanner haute technologie pour remplacer le déshabillage systématique
 
Afin de garantir la sécurité au sein des établissements pénitentiaires sans porter atteinte à l'intégrité physique et morale des détenus, le ministère de la Justice mise sur l'innovation technologique.

 
Un appel d'offres a été finalisé et un fournisseur a été retenu pour l'achat de détecteurs de dernière génération. Ces appareils sont conçus pour repérer aussi bien les objets métalliques que non métalliques dissimulés sous les vêtements.

 
Ce basculement technique permettra aux agents pénitentiaires d'assurer des contrôles stricts contre l'introduction de produits ou d'objets interdictions, sans contraindre les arrivants ou les détenus à se déshabiller entièrement.

 
Réponse aux alertes de la société civile
 
La pratique des fouilles à nu systématiques faisait l'objet de vives critiques récurrentes de la part des organisations de défense des droits humains, qui y voyaient un traitement avilissant et humiliant.

En recevant Thierno Mountaga Sy venu plaider cette cause, le garde des Sceaux a confirmé que cette préoccupation était désormais pleinement prise en compte par les autorités publiques, conciliant ainsi impératifs de sécurité et respect des libertés fondamentales.

 
La préparation d'un nouveau Code pénitentiaire
Au-delà de cette mesure technique, Me Moussa Sarr a indiqué que son département travaillait activement à la rédaction d'un nouveau Code pénitentiaire.

Inscrite parmi les priorités fixées par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, cette réforme juridique globale vise à refondre l'administration pénitentiaire sénégalaise et à inscrire durablement la protection des droits des personnes privées de liberté dans la législation nationale.