Le Tribunal correctionnel de Dakar a abrité, ce 30 avril, une audience spéciale opposant l’ancien ministre de l’Énergie, Samuel Sarr, à l’homme d’affaires Cheikh Amadou Amar. Entre accusations d’abus de confiance, de faux et usage de faux, et une dette de plusieurs milliards en toile de fond, le déballage a été total.
L’ambiance était solennelle mais tendue au Palais de justice. Si Samuel Sarr s'est présenté à la barre, serein et offensif, Cheikh Amar a brillé par son absence, justifiée par un certificat médical de quatre jours. Ce contentieux, qui remonte à plus d'une décennie (période 2013-2014), cristallise une opposition frontale entre deux versions radicalement différentes.
Deux versions, un même montant : 2 milliards de FCFA
Le cœur du litige repose sur la remise de la somme de 2 000 000 000 de FCFA.
Selon l’homme d’affaires, Samuel Sarr l'aurait approché en 2013 en évoquant les difficultés financières de l'ancien président Abdoulaye Wade. Par générosité, Cheikh Amar aurait remis ces 2 milliards à Sarr pour qu'ils soient transmis au « Pape du Sopi ». Mis au courant plus tard par Me Wade lui-même qu'il n'aurait rien reçu, Amar a porté plainte pour abus de confiance.
À la barre, l’ex-ministre a balayé ces accusations. Selon lui, Cheikh Amar ne faisait que rembourser une partie d'une dette de 7,9 milliards de FCFA contractée auprès d'Abdoulaye Wade.
Samuel Sarr a tenté de démontrer sa bonne foi en produisant des échanges de mails avec Karim Wade et un tableau de répartition des fonds. Il soutient que l’argent a été redistribué à diverses autorités et dépenses suivant les instructions précises de l'ancien chef d'État. La tension est montée d'un cran lorsque la partie civile a qualifié les documents de Sarr de « fantômes ». La défense, par la voix de Me Baboucar Cissé, a répliqué vigoureusement en présentant le mandat de recouvrement au procureur, insistant sur le fait que Me Wade ne s'est jamais plaint d'un quelconque détournement.
De son côté, Samuel Sarr a contre-attaqué sur le terrain du faux et usage de faux, accusant Cheikh Amar d'avoir produit une fausse décharge comportant des erreurs grossières sur son propre nom.
Les réquisitions : La prison ferme requise pour Samuel Sarr
Le Procureur de la République n'a pas été tendre avec l'ancien ministre. Estimant que Samuel Sarr n'a pas pu justifier l'usage des fonds par des pièces comptables solides, il a demandé la requalification des faits d'abus de confiance en escroquerie.
Pour Samuel Sarr : Le parquet a requis 6 mois de prison ferme, une amende d'un million de FCFA et un mandat de dépôt à l'audience.
Pour Cheikh Amar : Concernant le délit de faux, le procureur a requis 2 ans avec sursis et 500 000 FCFA d'amende, estimant qu'il a produit une fausse pièce pour se constituer une preuve.
Des demandes de dommages et intérêts colossales
Les deux parties réclament réparation pour le préjudice subi : Cheikh Amar demande 3 milliards de FCFA à Samuel Sarr. Samuel Sarr réclame 2 milliards de FCFA à Cheikh Amar pour la décharge qu'il qualifie de faux intellectuel.
La défense de Samuel Sarr a plaidé la relaxe pure et simple, invoquant la prescription des faits et l'absence d'éléments constitutifs du délit. Le dénouement de ce feuilleton judiciaire, mêlant secrets d'État et gros sous, est désormais entre les mains du tribunal.
L’ambiance était solennelle mais tendue au Palais de justice. Si Samuel Sarr s'est présenté à la barre, serein et offensif, Cheikh Amar a brillé par son absence, justifiée par un certificat médical de quatre jours. Ce contentieux, qui remonte à plus d'une décennie (période 2013-2014), cristallise une opposition frontale entre deux versions radicalement différentes.
Deux versions, un même montant : 2 milliards de FCFA
Le cœur du litige repose sur la remise de la somme de 2 000 000 000 de FCFA.
Selon l’homme d’affaires, Samuel Sarr l'aurait approché en 2013 en évoquant les difficultés financières de l'ancien président Abdoulaye Wade. Par générosité, Cheikh Amar aurait remis ces 2 milliards à Sarr pour qu'ils soient transmis au « Pape du Sopi ». Mis au courant plus tard par Me Wade lui-même qu'il n'aurait rien reçu, Amar a porté plainte pour abus de confiance.
À la barre, l’ex-ministre a balayé ces accusations. Selon lui, Cheikh Amar ne faisait que rembourser une partie d'une dette de 7,9 milliards de FCFA contractée auprès d'Abdoulaye Wade.
« Si Cheikh Amar est devenu ce qu'il est, c'est grâce à Abdoulaye Wade. Il ne faut pas falsifier l'histoire », a martelé Samuel Sarr, affirmant avoir agi sous mandat de l'ancien Président pour recouvrer cette créance.Le déballage à la barre : Mails, mandats et "documents fantômes"
Samuel Sarr a tenté de démontrer sa bonne foi en produisant des échanges de mails avec Karim Wade et un tableau de répartition des fonds. Il soutient que l’argent a été redistribué à diverses autorités et dépenses suivant les instructions précises de l'ancien chef d'État. La tension est montée d'un cran lorsque la partie civile a qualifié les documents de Sarr de « fantômes ». La défense, par la voix de Me Baboucar Cissé, a répliqué vigoureusement en présentant le mandat de recouvrement au procureur, insistant sur le fait que Me Wade ne s'est jamais plaint d'un quelconque détournement.
De son côté, Samuel Sarr a contre-attaqué sur le terrain du faux et usage de faux, accusant Cheikh Amar d'avoir produit une fausse décharge comportant des erreurs grossières sur son propre nom.
Les réquisitions : La prison ferme requise pour Samuel Sarr
Le Procureur de la République n'a pas été tendre avec l'ancien ministre. Estimant que Samuel Sarr n'a pas pu justifier l'usage des fonds par des pièces comptables solides, il a demandé la requalification des faits d'abus de confiance en escroquerie.
Pour Samuel Sarr : Le parquet a requis 6 mois de prison ferme, une amende d'un million de FCFA et un mandat de dépôt à l'audience.
Pour Cheikh Amar : Concernant le délit de faux, le procureur a requis 2 ans avec sursis et 500 000 FCFA d'amende, estimant qu'il a produit une fausse pièce pour se constituer une preuve.
Des demandes de dommages et intérêts colossales
Les deux parties réclament réparation pour le préjudice subi : Cheikh Amar demande 3 milliards de FCFA à Samuel Sarr. Samuel Sarr réclame 2 milliards de FCFA à Cheikh Amar pour la décharge qu'il qualifie de faux intellectuel.
La défense de Samuel Sarr a plaidé la relaxe pure et simple, invoquant la prescription des faits et l'absence d'éléments constitutifs du délit. Le dénouement de ce feuilleton judiciaire, mêlant secrets d'État et gros sous, est désormais entre les mains du tribunal.