En réalité, Y'en a marre vous fait peur!

TRIBUNE LIBRE
Jeudi 6 Avril 2017

Macky souhaiterait-il opprimer toute voix qui tenterait d'user de sa liberté fondamentale d'expression ? Un Sénégalais qui, initialement ne comptait pas marcher ce 7 avril, répond.


Ils s'agitent, ils paniquent, ruent dans les brancards, plongent dans les bas-fonds des caniveaux et prétendent ainsi défendre le "Royaume" paisible qu'ils croient s'être érigés après 5 ans de règne. 
Volée de bois vert moisis contre ces jeunes désœuvrés, alcooliques qui, enivrés par les effluves du chanvre indien qui parfume leur quartier général malfamé, prétendent faire huer à la Place de l'Obélisque plus que les 719 mille 369 voix qui ont fait de la minorité rejointe aujourd'hui par une horde de transhumants cupides et paradoxalement plus bruyants, l'option par défaut pour nous gouverner aujourd'hui. 
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Pourquoi diable une telle cacophonie autour d'incultes en manque de prébendes, initiateurs d'une marche "vouée inévitablement à l'échec" ? 
Est-ce donc par un tel langage de bas-étage que ceux d'en haut veulent étouffer la sourde colère de ceux qui ne souhaitent plus les entendre ? 
Votre vision de ce Peuple heureux de ses dirigeants qui se chamaillent à longueur de journée dans leur arène médiatique a-t-elle changée ? 

Et pourtant, pour nous, éternels atomes de la masse silencieuse qui ne s'insurge ni ne manifeste aucune velléité d'opinion négative, car n'en ayant même pas dans un pays de rêves, où tout émerge comme les poches de ses hommes politiques, où tout va merveilleusement bien, rien ne saurait être plus agréable que de ne pas être dérangés dans nos doux rêves par ces pitres, éléments perturbateurs (de nouveau) en manque de sous pour se payer leurs cornets de "yamba". 

Ne nous exaspérez pas par autant d'incurie ! 

Marchez sur leur tombe une bonne fois pour toutes dans le champ de ruines politiques sénégalais, où ils s'avancent sous le voile de la société civile, plutôt que sur leurs pieds comme vous souhaitiez le faire le soir du 7 avril 2017 avant qu'on ne tire sur la laisse ! 
Ô sous-fifres et valets de la "dynastie" dont je tairais le nom, car ne gagnant pas assez pour vous payer les droits d'auteur, même si entre-temps il me semble qu'il s'est produit un changement de "label" politique (et de ligne éditoriale). 

Ô laquais tout puissants, étalez donc les preuves de vos allégations tout comme vous faites allègrement montre de votre incompétence ! Que nenni, il en sera ! En réalité, Y en a marre (vous) fait peur ! 
Le mouvement a perdu de sa superbe, c'est vrai, autant qu'il ne réussira d'ailleurs pas son pari de rassembler autant de monde ce jour. Sa portée s'est usée dans le temps, les rumeurs infondées ou solidement bâties sur les préjugés ont mené bon train.

On leur a reproché de se taire tout en leur reprochant de parler au mauvais moment. On leur a demandé d'assurer leur rôle de veille tout en leur rappelant que leur mandat avec le Peuple avait expiré au soir du 25 mars 2012. Ils ont fait les frais de la bipolarité de l'émotion sénégalaise. Il ne pouvait en être autrement, la tentation d'étêter tout arbre vertueux qui émerge de cette jungle politico-civile est trop ancrée. 

Chacun son idée, chacun son argument fallacieux et conjectural pour les discréditer. Compréhensible. On aurait pu dire, par ironie, que c'est à cause de choses telles que la connaissance de l'absence probable de suite à leur plainte en diffamation contre les membres du système qu'ils dénoncent une justice à deux vitesses.

Que d'arguments risibles que de leur reprocher de faire le tour du monde des forums et amphithéâtres pour conter leurs actes glorieux de 2012 ! Une gloire "usurpée" (c'est vous qui le dites), car peutêtre leur reprochez-vous toujours que Laurent Fabius ou Barack Obama, hommes politiques étrangers que vous vénérez tant, aient flétri vos orgueils en les voyant plus crédibles et dignement prioritaires de leur visite ou citation en exemple. 

D'ailleurs, et si l'on reniait tous les titres "Honoris Causa" et autres distinctions complaisantes, si on couvre d'anathèmes ces jeunes à la culture urbaine parce que décorés pour leur lutte démocratique gravée dans l'histoire du Sénégal (sans pour autant en revendiquer l'exclusivité), pour avoir inspiré d'autres jeunes indignés à travers le continent ! Mais j'oublie qu'il est sacrilège que de rendre honneur à l'homo senegalensis de son vivant. 

Ceux-ci sont ignorants, on vous l'accorde, loin d'avoir le niveau d'un enseignant même si d'aucuns ignorent le niveau d'études de certains d'entre eux, Soit ! Mais au sortir de tous les débats lors desquels on voulût s'acharner contre ces rappeurs acculturés, jamais l'un d'eux ne se fît délivrer un "certificat médical" dans la presse comme justificatif pour s'être fait maltraiter rationnellement par son adversaire politique la veille sur un plateau de télévision.

Et n'osât après cela réclamer plus de parts pour lui et sa bande de fantassins aveugles dans le partage du gâteau. On les accuse de beuveries, mais les plaisirs tus, même si connus de ceux qui arguent être blancs comme neige… ou plutôt Blancs comme Nègres, rebutent même les médias qui en faisaient leurs choux gras tout comme les frasques de Fils de… PoliRiches. 

Et puis, jamais on ne les y aura surpris en flagrance, comme les policiers de Marseille l'auraient fait avec un autre… Hélas le ridicule ne tue point, quand on est invulnérable à la morale. Et quoi encore… Ah oui ! Ils furent aussi accusés de compromission et de servir les intérêts les plus farfelus qu'on puisse imaginer, car ayant, sans le cacher à ceux qui voulurent s'en imprégner, bénéficié de l'aide de l'Ong Oxfam pour mener à bien le financement du projet Dox ak sa gokh wakh ak sa maire. Parlant de celui-ci qui applaudît lorsque leurs caravanes firent le tour des collectivités du Sénégal pour offrir une tribune dédiée à la reddition de comptes et à la gouvernance participative aux populations locales. 

Quels médias en parlèrent pour ne pas tout juste l'effleurer ? 

Nul ne les félicitât pour une telle innovation, autant qu'on s'émerveillât de la probité morale dont ils firent montre, preuve sonore à l'appui, en refusant d'accepter le matériel pour studio d'enregistrement neuf posé comme récompense en période de campagne par un leader politique du pouvoir qui n'était pas le seul d'ailleurs, en échange de leur mutisme. 2012 n'est pas une date autant lointaine que ça, mais quand on veut, on peut tout oublier… comme les raisons de son élection (par défaut). 

Aujourd'hui, 6 millions de francs (encore imaginaires jusqu'à seul indice du contraire), même pas le tiers de ce qui leur fût proposé sur ce seul cas parmi d'autres, est aujourd'hui agité verbalement comme preuve de leur souillure. 

Les élucubrations sorties ici et là n'augurent d'ailleurs rien de concret. Impossible qu'avec toute cette agressivité, vous puissiez vous faire violence à garder par-devers vous des preuves si patentes de l'opportunisme de Fadel Barro et consorts. Les tournures invraisemblables et saugrenues de votre rhétorique accusatoire renseignent sur une ignorance sans bornes. Ignorance qui ne peut surpasser la croyance qu'ils se doivent de vous être redevables pour les avoir soi-disant extirpés des griffes d'un autre Etat (bâillonneur de son Peuple). 

Y a-t-il diplomatie financée par le contribuable qui aurait obligation autre que de rendre un service dû à ses concitoyens : leur porter assistance ? Méconnaissez-vous donc cela autant que vous négligez les principes les plus élémentaires de la délégation de souveraineté par le Peuple, son seul détenteur, de la représentation quand vous vous estimez députés grâce au parti ? Nul besoin de nous éclabousser de votre bave pour nous hurler votre virilité, prenez-là si vous ne savez en être l'incarnation. Sachez juste que nombre d'hommes ou plutôt d'hommes de garde mourront sans guère arriver au même niveau de bravoure que les femmes de Nder, refusant toutes formes de collusion, d'asservissement, au prix de leur vie ! 

Et c'est pour ça que vous les craignez, car ils ont su, chose inimaginable sous nos cieux politiques, résister aux sirènes douces du pouvoir politique dès les premières heures. Vous pensiez qu'ils luttaient pour des recasements et privilèges, ils vous ont surpris à soutenir mordicus qu'ils combattaient pour des idéaux. Pour un "Nouveau type de Sénégalais", qu'eux "marginaux" ont daigné théoriser, ils ont osé résister à la compromission. 

Des jeunes dégoûtés par le cirque auquel s'adonnent la plupart des clowns politiques dans ce pays ont cru en eux, trouvé en leur décharnée personne des alternatives dignes de confiance qui usent du même langage cru et véridique, naturellement blessant qu'eux, qui bouillonnent de la même colère maîtrisée contre cette élite qui siphonne sans vergogne leurs impôts. 
Ces jeunes de banlieue, chômeurs, oubliés par leurs autorités qui en ont eu marre de la corruption, de la gabegie, du népotisme, des agissements de vos prédécesseurs, les ont suivi et en ont fait des modèles révolutionnaires. 

Vous les surestimiez pour leur niveau d'études, ils se comportèrent hier comme aujourd'hui mieux que les jeunesses estudiantines que vous embrigadez et mutez en répondeurs irrationnels et chair-à-canon de fusils à grenades lacrymogènes. Eux croient au Panafricanisme plus qu'aucun autre locataire du Parlement de la Cedeao, en soit-il le président. 

Ces jeunes "ignares" ont réacquis grâce à eux le sens de la citoyenneté, de la responsabilité et la conscience de leur droit légitime de demander des comptes à ceux qui les gouvernent, de leur décerner eux-mêmes le satisfecit de bonne gouvernance que vous partez quérir loin d'eux, les gens du Peuple, qui en ont la seule et unique légitimité. 
Aujourd'hui, certains se sont résignés à la fatalité, certains se sont désolidarisés sans être taxés de traitres tout comme d'autres rallient la cause de ceux qui en ont marre d'être déçus pour une énième fois. 

Et c'est bien là un exemple de ce qu'est la démocratie, condensé d'opinions exprimées sans brimades pour faire évoluer positivement les choses. Ils marcheront pour vous avertir que vous marchez dans le sillon de ceux qu'ils sanctionnèrent auparavant. 
Vous souhaitez donc opprimer toute voix qui tenterait d'user de sa liberté fondamentale d'expression ? 
Pour moi, Sénégalais lambda, qui en a marre de vous accorder le bénéfice non du doute, mais de la "novicité" dans l'exercice du pouvoir, cela est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. 

Moussa NGOM 
Un Sénégalais qui ne comptait initialement pas marcher le 7 avril
Seneplus