Exclue, Ngoné Ndoye Fall attaque Alioune Sall et prend la tête de « PASTEF France Refondation »

POLITIQUE
Jeudi 9 Juillet 2026

Moins de vingt-quatre heures après la publication du communiqué de PASTEF France annonçant des suspensions en cascade sur WhatsApp, la réplique des « bannis » vient de tomber. Et elle est d'une violence politique inouïe.

Ngoné Ndoye Fall, l'une des principales figures ciblées par la direction de la diaspora, démonte point par point la stratégie de l'état-major, attaque frontalement Alioune Sall et assume ouvertement son rôle de leader de la fronde dissidente.


 

Le grand déballage se poursuit au sein de la diaspora patriotique. Loin de se murer dans le silence après l'annonce de sa mise à l'écart des canaux officiels du parti, la patronne des jeunes du PASTEF en France a choisi l'offensive médiatique totale.
 
Dans une tribune incendiaire aux allures de manifeste de rupture, elle accuse le Bureau exécutif de céder à la panique et d'utiliser la répression pour masquer son propre agenda politique.

Recadrage protocolaire et accusation de « lâcheté »

Dès l'entame de son propos, Ngoné Ndoye Fall tient à corriger ce qu'elle qualifie d'« inexactitude » volontaire de la part de la direction, visant à minimiser son poids politique :

Elle rappelle qu'elle n'est pas la « Responsable adjointe » du MOJIP France comme l'affirmait le communiqué de la veille, mais bien la Responsable en chef du MOJIP France depuis près de cinq ans.

Elle raille le manque de courage politique des dirigeants de la section France, rappelant que ces derniers avaient publié deux jours plus tôt un texte « laborieux » sans même oser citer nommément Fatou Kiné Diakhaté, l'initiatrice de la fronde à Dakar.

Pour la responsable des jeunes, cette nouvelle vague de suspensions n'est rien d'autre qu'une « tentative d'intimidation » vouée à l'échec, visant à faire taire les voix qui refusent de s'aligner aveuglément.
 
Alioune Sall au cœur de la cible : « Pour qui roulez-vous ? »

Le véritable tournant de cette tribune réside dans l'interpellation directe et nominale d'Alioune Sall, figure historique du PASTEF en France et récemment promu au cabinet d'Ousmane Sonko à l'Assemblée nationale.
 
La question posée par Ngoné Ndoye Fall sonne comme une accusation :
« Alioune Sall, es-tu au service de PASTEF ou toujours au service de ton ami ? »

Elle accuse le Bureau exécutif de mener un double jeu trouble depuis plusieurs mois. Selon elle, cette instance s'est distinguée par un « soutien systématique au camp Diomaye».

Face à la résistance des militants restés fidèles à la ligne historique et originelle du parti, la direction aurait choisi la stratégie de l'évitement :
 
Incapable de répondre sur le fond aux préoccupations des militants, le bureau aurait substitué au dialogue démocratique une « logique de pression, de stigmatisation et de répression interne ».
 
Les communiqués accusateurs et les menaces disciplinaires sont dénoncés comme des outils d'apparatchiks visant uniquement à « préserver des privilèges et des positions acquises » au détriment des valeurs fondatrices du patriotisme.
 
Pour Ngoné Ndoye Fall, cette crise a le mérite de clarifier les positions de chacun. Elle oppose le camp de l'opportunisme et du silence confortable à celui de la fidélité aux convictions, affirmant que les véritables patriotes ont choisi les principes plutôt que les places.
 
Elle conclut sa charge par un avertissement sans frais destiné à l'état-major de la fédération :
« Alioune SALL et sa bande de copains, vous perdez votre temps ! Cette forfaiture ne passera pas ! »
 
 La signature qui confirme la scission

C'est au bas du document que la rupture organisationnelle se matérialise de façon définitive. En déclinant ses titres, Ngoné Ndoye Fall ne se contente pas de lister ses fonctions officielles au sein du PASTEF (Val d'Oise, Secrétariat National, Commune de Fann).
 
Elle y ajoute sa toute nouvelle casquette subversive, qui sonne comme un acte de naissance politique : Responsable du Comité de Pilotage (Copil) Provisoire de PASTEF France Refondation.
 
La guerre des courants est désormais officiellement ouverte dans la diaspora, et le contrôle des structures militantes s'annonce féroce.