Fadilou Keïta exige un remaniement pour enrayer la « dépastéfisation » du pouvoir

POLITIQUE
Mardi 27 Octobre 2026





La crise politique et budgétaire qui secoue le Sénégal prend une tournure interne explosive. Alors que le bras de fer autour du projet de loi de finances rectificative (PLFR 2026) paralyse l'action publique, une voix majeure du camp présidentiel vient de briser les lignes.

Fadilou Keïta, figure de premier plan de PASTEF et ancien Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), a publié une violente mise au point sur les réseaux sociaux, dénonçant une tentative de marginalisation de son parti et réclamant un remaniement gouvernemental d'envergure.


Un réquisitoire contre la « dépastéfisation » des politiques publiques

Stratège historique de la formation politique au pouvoir et ancien coordinateur du Nemeku Tour, Fadilou Keïta n'y va pas par quatre chemins. Dans un texte au vitriol, il attribue la « déstructuration » actuelle du PLFR 2026 à des visées politiciennes qu’il qualifie de « dépastéfisation du gouvernement » et de « désonkorisation des projets prioritaires et des choix stratégiques ».

Pour ce cadre de haut rang, le malaise institutionnel actuel trouve sa source dans un dévoiement de la ligne initiale portée par le parti. Il rappelle avec insistance que la légitimité politique qui a propulsé l'exécutif actuel à la magistrature suprême appartient intrinsèquement à Ousmane Sonko.

En pointant du doigt la déconnexion entre les orientations de l'Exécutif et l'ADN programmatique de PASTEF, le responsable politique met en lumière une fracture idéologique et stratégique profonde au sommet de l'État.

L’appel pressant à un remaniement et à un « gentlemen’s agreement »

Face à l'impasse observée à l'Assemblée nationale, Fadilou Keïta ne se contente pas du constat : il formule une exigence politique directe à l'attention du président de la République. Selon lui, la sagesse commanderait que le chef de l'État saisisse l'occasion de cette crise pour procéder à un remaniement ministériel d'envergure.

L'objectif affiché d'un tel bouleversement gouvernemental serait de permettre à PASTEF de reprendre pleinement les rênes des affaires autour d'orientations partagées, discutées et validées collectivement.

Une telle démarche, argumente-t-il, fluidifierait immédiatement les crispations parlementaires, répondrait aux exigences de transparence brandies par les députés et faciliterait la transition délicate entre le PLFR 2026 et la future loi de finances initiale (LFI 2027).

En concluant sa tribune par un plaidoyer en faveur d'un véritable gentlemen's agreement, Fadilou Keïta exhorte les pouvoirs exécutif et législatif à transcender les calculs partisans pour renouer avec la cohérence des engagements pris devant les Sénégalais.

Cette sortie musclée d’un poids lourd de l’appareil de PASTEF marque incontestablement un tournant. Elle démontre que la contestation de la trajectoire gouvernementale ne vient plus seulement de l'opposition ou d'alliés déçus, mais qu'elle s'exprime désormais au cœur même de l'appareil dirigeant du parti au pouvoir, mettant à l'épreuve la cohésion de l'exécutif bicéphale.