C’est par le biais d'un message adressé aux citoyens et aux « patriotes » que Fadilou Keïta a rendu publique la fin de sa mission. L’ancien patron de la CDC a précisé avoir reçu la notification d’un décret, qu'il qualifie d'« antidaté du 10 septembre », actant son limogeage.
Loin de se montrer amer, M. Keïta a affiché sa sérénité, affirmant quitter ses fonctions « sans aucun regret et avec le sentiment du devoir accompli ». Il a profité de cette annonce pour adresser ses remerciements aux membres de la Commission de surveillance, aux directeurs des différentes filiales, aux partenaires ainsi qu'à l'ensemble du personnel du groupe pour leur collaboration. Il a par ailleurs donné rendez-vous à l'opinion publique à l'issue de la cérémonie officielle de passation de service.
Une transition assurée et un appel à candidatures inédit
Pour pallier ce départ, c'est l'administrateur civil Amadou Lamine Guissé, jusqu'ici Secrétaire général de la CDC, qui a été désigné pour assurer l'intérim à la Direction générale.
Cette éviction ouvre surtout un nouveau chapitre dans la gouvernance de cette institution hautement stratégique, chargée de collecter, gérer et investir l'épargne et les ressources publiques pour soutenir le développement national. Le ministre-Secrétaire général de la présidence de la République, Oumar Samba Ba, a récemment annoncé l'ouverture d'un appel à candidatures pour désigner le prochain Directeur général.
Cette démarche inédite est présentée par le pouvoir exécutif comme une volonté d'instaurer davantage de transparence et de compétition à la tête des grands démembrements financiers de l'État.
Les conséquences politiques de la « désonkorisation »
Au-delà de la gestion administrative, le limogeage de Fadilou Keïta revêt une dimension éminemment politique. Il s'inscrit dans une dynamique que de nombreux observateurs qualifient de « désonkorisation » de l'Administration publique, consécutive au départ de l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko.
Fadilou Keïta n'est pas qu'un simple technocrate ; il demeure l’une des figures de proue de la formation politique Pastef. Lieutenant de la première heure et proche parmi les proches d'Ousmane Sonko, il s'est particulièrement illustré en tant que coordonnateur du « Nemmeeku tour », la vaste tournée nationale du leader patriote.
En dépit de son passage à la tête de la CDC, il a toujours réaffirmé son ancrage politique et sa loyauté indéfectible envers Ousmane Sonko et son projet. Son départ de la CDC illustre ainsi la volonté de l'exécutif d'écarter les cadres de la mouvance patriotique des postes de direction stratégiques.