Selon L’Observateur, Farba Ngom a été conduit au bureau du procureur Ibrahima Ndoye en compagnie de l’agent pénitentiaire qui lui aurait remis les appareils saisis lors d’une fouille effectuée le 28 décembre 2025. Ce dernier est désormais au cœur de l’enquête, les enquêteurs cherchant à remonter toute la chaîne de responsabilités ayant permis l’introduction frauduleuse des téléphones dans un environnement carcéral pourtant soumis à un régime de sécurité renforcé.
Ce déferrement intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par une bataille de récits entre le ministère de la Justice, qui brandit la ligne de la « tolérance zéro » face aux violations des règles carcérales, et la défense, qui dénonce un acharnement politique ciblant un opposant emblématique de l’ancien régime.
Devant la presse, la ministre Yassine Fall a détaillé les éléments issus de l’exploitation des deux téléphones attribués à Farba Ngom. Elle évoque des communications multiformes et transfrontalières, impliquant plusieurs pays, mais aussi des contacts répétés avec des responsables politiques, des avocats, des journalistes et des patrons de presse.
Les enquêteurs auraient mis au jour des échanges avec un acteur politique actuellement en liberté provisoire, des centaines de communications avec un autre responsable politique, de longs entretiens téléphoniques avec des conseils dont trois anciens ministres, ainsi qu’un volume significatif de conversations avec des professionnels des médias.
Plus grave encore aux yeux de la Garde des Sceaux, les appareils auraient servi à la réception et à la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels concernant un codétenu, à la circulation de contenus à caractère pornographique, y compris avec l’un des avocats du détenu, et à des échanges portant sur des manœuvres et supposés complots à caractère politique susceptibles, selon elle, de troubler l’ordre public.
Autant d’éléments que le ministère présente comme susceptibles de donner lieu à de nouvelles qualifications pénales, venant s’ajouter aux poursuites déjà en cours dans le dossier financier à l’origine de son incarcération.
La ligne du gouvernement est claire : il s’agit de faire de ce dossier un cas d’école en matière de discipline carcérale et de lutte contre les réseaux d’influence opérant depuis les prisons. La ministre a annoncé la saisine du bâtonnier de l’Ordre des avocats pour que les instances ordinales compétentes se penchent sur les comportements des conseils cités dans l’enquête, tandis que son département prépare l’ouverture de nouvelles investigations.
Elle insiste sur le fait que l’État entend préserver l’autorité de la loi et la crédibilité de l’appareil judiciaire, refusant que des cellules deviennent des centres de coordination politique, financière ou médiatique.
Du côté de la défense, le ton est tout autre. Les avocats de Farba Ngom contestent la tournure prise par le dossier, dénonçant une « instrumentalisation politique » et une volonté de faire de leur client un symbole d’inflexibilité du nouveau pouvoir. Me Antoine Vey, l’un de ses conseils, a répondu publiquement aux déclarations de Yassine Fall, fustigeant une communication qu’il juge à charge et prématurée, alors même que l’instruction se poursuit.
Les avocats ont par ailleurs saisi formellement le bâtonnier, non seulement pour répondre aux accusations visant la défense, mais aussi pour alerter sur ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits de la défense et au secret professionnel.
En toile de fond, le contraste reste saisissant entre la situation de Farba Ngom et celle de Seydou « Tahirou » Sarr. Les deux hommes avaient obtenu du juge d’instruction du Pool judiciaire financier, le 7 janvier 2026, une ordonnance de mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire.
Mais, à la dernière minute, le parquet financier a choisi de relever appel uniquement dans le cas de l’ex-député-maire des Agnam, gelant de facto sa libération. Tahirou Sarr, lui, a pu quitter sa cellule sous de strictes conditions, tandis que son co-inculpé demeure derrière les barreaux, désormais rattrapé par un dossier annexe qui pourrait s’avérer tout aussi lourd que le premier.
Sur le plan politique, l’affaire est explosive. Figure clé de l’ancienne majorité, proche de l’ex-président Macky Sall, Farba Ngom est au cœur d’un faisceau de critiques et de polémiques depuis le début des procédures engagées contre lui. Ses soutiens dénoncent une opération de démolition ciblée, estimant que le traitement qui lui est réservé illustre une justice à deux vitesses.
À l’inverse, certains partisans du nouveau régime voient dans ce dossier l’occasion de rompre avec une culture d’impunité présumée, en frappant un acteur considéré comme emblématique des dérives de l’ère précédente.
La séquence ouverte par les révélations de la Garde des Sceaux et le déferrement au parquet marque clairement une nouvelle phase dans le feuilleton judiciaire. Si le parquet décidait d’ouvrir une information sur la base des faits liés aux téléphones, Farba Ngom pourrait se retrouver au centre de plusieurs procédures parallèles, mêlant dossiers financiers, infractions aux règles pénitentiaires, potentielle violation du secret de l’instruction et, selon les conclusions des magistrats, possibles infractions à la loi sur la cybersécurité et sur l’ordre public.
Pour l’heure, une chose est sûre : loin de se rapprocher de la liberté annoncée il y a quelques jours, l’ancien député voit son horizon judiciaire se charger davantage. Entre une opinion publique friande de révélations, une classe politique qui scrute chaque rebondissement et une justice mise sous le projecteur de la promesse de « tolérance zéro », le dossier Farba Ngom s’impose plus que jamais comme l’un des baromètres de la nouvelle ère politico-judiciaire au Sénégal.
Ce déferrement intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par une bataille de récits entre le ministère de la Justice, qui brandit la ligne de la « tolérance zéro » face aux violations des règles carcérales, et la défense, qui dénonce un acharnement politique ciblant un opposant emblématique de l’ancien régime.
Devant la presse, la ministre Yassine Fall a détaillé les éléments issus de l’exploitation des deux téléphones attribués à Farba Ngom. Elle évoque des communications multiformes et transfrontalières, impliquant plusieurs pays, mais aussi des contacts répétés avec des responsables politiques, des avocats, des journalistes et des patrons de presse.
Les enquêteurs auraient mis au jour des échanges avec un acteur politique actuellement en liberté provisoire, des centaines de communications avec un autre responsable politique, de longs entretiens téléphoniques avec des conseils dont trois anciens ministres, ainsi qu’un volume significatif de conversations avec des professionnels des médias.
Plus grave encore aux yeux de la Garde des Sceaux, les appareils auraient servi à la réception et à la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels concernant un codétenu, à la circulation de contenus à caractère pornographique, y compris avec l’un des avocats du détenu, et à des échanges portant sur des manœuvres et supposés complots à caractère politique susceptibles, selon elle, de troubler l’ordre public.
Autant d’éléments que le ministère présente comme susceptibles de donner lieu à de nouvelles qualifications pénales, venant s’ajouter aux poursuites déjà en cours dans le dossier financier à l’origine de son incarcération.
La ligne du gouvernement est claire : il s’agit de faire de ce dossier un cas d’école en matière de discipline carcérale et de lutte contre les réseaux d’influence opérant depuis les prisons. La ministre a annoncé la saisine du bâtonnier de l’Ordre des avocats pour que les instances ordinales compétentes se penchent sur les comportements des conseils cités dans l’enquête, tandis que son département prépare l’ouverture de nouvelles investigations.
Elle insiste sur le fait que l’État entend préserver l’autorité de la loi et la crédibilité de l’appareil judiciaire, refusant que des cellules deviennent des centres de coordination politique, financière ou médiatique.
Du côté de la défense, le ton est tout autre. Les avocats de Farba Ngom contestent la tournure prise par le dossier, dénonçant une « instrumentalisation politique » et une volonté de faire de leur client un symbole d’inflexibilité du nouveau pouvoir. Me Antoine Vey, l’un de ses conseils, a répondu publiquement aux déclarations de Yassine Fall, fustigeant une communication qu’il juge à charge et prématurée, alors même que l’instruction se poursuit.
Les avocats ont par ailleurs saisi formellement le bâtonnier, non seulement pour répondre aux accusations visant la défense, mais aussi pour alerter sur ce qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits de la défense et au secret professionnel.
En toile de fond, le contraste reste saisissant entre la situation de Farba Ngom et celle de Seydou « Tahirou » Sarr. Les deux hommes avaient obtenu du juge d’instruction du Pool judiciaire financier, le 7 janvier 2026, une ordonnance de mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire.
Mais, à la dernière minute, le parquet financier a choisi de relever appel uniquement dans le cas de l’ex-député-maire des Agnam, gelant de facto sa libération. Tahirou Sarr, lui, a pu quitter sa cellule sous de strictes conditions, tandis que son co-inculpé demeure derrière les barreaux, désormais rattrapé par un dossier annexe qui pourrait s’avérer tout aussi lourd que le premier.
Sur le plan politique, l’affaire est explosive. Figure clé de l’ancienne majorité, proche de l’ex-président Macky Sall, Farba Ngom est au cœur d’un faisceau de critiques et de polémiques depuis le début des procédures engagées contre lui. Ses soutiens dénoncent une opération de démolition ciblée, estimant que le traitement qui lui est réservé illustre une justice à deux vitesses.
À l’inverse, certains partisans du nouveau régime voient dans ce dossier l’occasion de rompre avec une culture d’impunité présumée, en frappant un acteur considéré comme emblématique des dérives de l’ère précédente.
La séquence ouverte par les révélations de la Garde des Sceaux et le déferrement au parquet marque clairement une nouvelle phase dans le feuilleton judiciaire. Si le parquet décidait d’ouvrir une information sur la base des faits liés aux téléphones, Farba Ngom pourrait se retrouver au centre de plusieurs procédures parallèles, mêlant dossiers financiers, infractions aux règles pénitentiaires, potentielle violation du secret de l’instruction et, selon les conclusions des magistrats, possibles infractions à la loi sur la cybersécurité et sur l’ordre public.
Pour l’heure, une chose est sûre : loin de se rapprocher de la liberté annoncée il y a quelques jours, l’ancien député voit son horizon judiciaire se charger davantage. Entre une opinion publique friande de révélations, une classe politique qui scrute chaque rebondissement et une justice mise sous le projecteur de la promesse de « tolérance zéro », le dossier Farba Ngom s’impose plus que jamais comme l’un des baromètres de la nouvelle ère politico-judiciaire au Sénégal.