Farba Ngom : la Cour suprême statue aujourdhui sur l’arrêt de la Chambre d’accusation

POLITIQUE
Lundi 12 Janvier 2026

La deuxième chambre pénale de la Cour suprême examine ce lundi, à partir de 13 heures, le pourvoi introduit par Farba Ngom contre l’arrêt de la Chambre d’accusation qui a ordonné son transfert dans un centre hospitalier. L’édile des Agnam, placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, contestait cette orientation et sollicitait plutôt une liberté provisoire, au motif notamment d’un état de santé jugé incompatible avec la détention par des expertises médicales.

Selon les éléments rapportés, l’audience de ce lundi constitue une étape-clé : la Cour suprême est appelée à apprécier la régularité et/ou la pertinence juridique de l’arrêt contesté, rendu par la Chambre d’accusation. En pratique, le dossier se situe à l’intersection de deux impératifs souvent difficiles à concilier : la continuité de l’instruction et la préservation des objectifs de la détention (garanties de représentation, prévention d’une pression sur l’enquête, etc.) ; et la protection de la santé du mis en cause, lorsque des médecins estiment la détention incompatible avec son état. Farba Ngom est poursuivi dans le cadre de l’affaire dite des “125 milliards de francs CFA” liée à des transactions présumées douteuses mentionnées dans un rapport de la CENTIF. Les qualifications évoquées dans la procédure incluent notamment : association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux, abus de biens sociaux. À ce stade, il s’agit d’accusations dans un cadre d’instruction, et non d’une condamnation : l’enjeu de l’audience porte surtout sur le statut de détention et les mesures compatibles avec l’état de santé.
Le feuilleton judiciaire s’est accéléré avec la question médicale. D’après les informations fournies une expertise puis une contre-expertise auraient conclu que l’état de santé de Farba Ngom est incompatible avec la détention ; le magistrat instructeur, après avoir requis les avis de deux spécialistes, aurait néanmoins décidé d’un placement au Pavillon spécial ; saisie, la Chambre d’accusation aurait opté pour une solution intermédiaire : transfert vers un centre hospitalier, plutôt qu’une remise en liberté.
Cette décision n’a pas satisfait la défense, qui a formé un pourvoi, espérant obtenir la liberté provisoire.
Ce que la Cour suprême peut (ou ne peut pas) trancher
En règle générale, la Cour suprême ne rejoue pas tout le dossier “sur le fond” : elle examine surtout si la décision attaquée respecte le droit et la procédure. L’audience pourrait donc aboutir à plusieurs issues typiques : Rejet du pourvoi : l’arrêt ordonnant l’hospitalisation serait maintenu. Cassation (annulation) : si un vice de procédure ou de motivation est retenu, la décision pourrait être annulée et l’affaire renvoyée pour être rejugée. Réorientation : selon la portée du contrôle, la Cour peut ouvrir la voie à une nouvelle appréciation de la demande de liberté provisoire. Dans tous les cas, l’équilibre est délicat : reconnaître l’incompatibilité médicale sans ouvrir automatiquement la porte à une libération, surtout dans des dossiers sensibles, est une ligne que de nombreuses juridictions tentent de tenir.