Fatou Blondin Ndiaye à Aly Ngouille : «Votre subconscient s'est exprimé»

TRIBUNE LIBRE
Jeudi 8 Mars 2018

Nous avons de nombreuses raisons de penser que vos propos ne sont pas à prendre à la légère.
A un an de l'élection présidentielle, alors que les politiciens devraient éclairer le choix des électeurs en axant les débats sur la présentation de leurs programmes respectifs et que pour tout citoyen, disposer de sa carte d’électeur et connaître son lieu de vote devrait être une formalité, nous voyons plutôt  s’installer un climat délétère. Il s’illustre par un nombre substantiel de citoyens se trouvant dans l’incapacité de voter, par l’emprisonnement d’opposants d’envergure, par un déballage outrancier de moyens pour organiser des meetings dans les quartiers pauvres, des déplacements ultra médiatisés avec force distribution de vivres et d’argent notamment dans les familles religieuses et enfin par le débauchage tous azimuts de responsables politiques d’autres bords.

2019 : année électorale loin d’être une sinécure

Des faits illustrent cette crainte :
- L’organisation désastreuse du renouvellement des cartes d’identité, le fiasco des élections législatives et, cerise sur le gâteau, l’annonce par votre prédécesseur des résultats en lieu et place de la CENA, ont conforté les citoyens dans le sentiment que votre gouvernement souffre de déficit de confiance dans sa capacité à respecter les règles démocratiques trouvées sur place et à les élever à un niveau supérieur. Il s’avère, en plus, que le pouvoir exécutif que vous incarnez a sommé une grande partie de l’administration publique, en particulier les directeurs de services nationaux, de se mettre au service du parti au pouvoir et, il ne leur sera demandé de comptes que sur leurs performances électorales. Le résultat est qu’ils sont devenus incapables d’être neutres quand ils servent le citoyen et que leur efficacité dans leur mission administrative est purement optionnelle ;
- Votre alliance a démocratisé toutes les contre-valeurs : se dédire, transhumer, ne pas respecter les droits fondamentaux consacrés dans notre constitution comme le droit de manifester. Les discours bien ficelés égrenant un chapelet de bonnes intentions cachent mal la réalité des pratiques obscures que le citoyen constate tous les jours et chaque nouveau cas suscite la une des journaux et une éphémère indignation du peuple ;

- Les conditions nébuleuses de l’octroi des licences d’exploitation du pétrole, du gaz et du zircon et la perspective des revenus qu’ils pourraient générer aiguisent vos appétits. Les divers dossiers épinglés par l’IGE, l’OFNAC et la Cour des Comptes et bloqués par le Président, mettent le gouvernement dans une perspective de devoir gagner à tout prix les prochaines élections présidentielles pour éviter ou retarder l’heure de la reddition des comptes.
- Les dialogues politiques (ou nationaux) n’ont d’autre mission que de cautionner des combines telles que le protocole de Doha ou de valider la ferme intention du gouvernement de garder la main sur tout le processus électoral en s’adjoignant  les services de certains partis et mouvements.

Non M. le ministre de l’Intérieur, nous n’avons pas mal interprété votre déclaration durant l’émission sur 2STV. Vous y avez exprimé tout ce que vous représentez : le «chouchou» du chef, très sûr de lui, qui se paye la tête des citoyens qui ne sont pas de son bord et qui est mandaté pour exploiter toutes les possibilités que son statut de chef du commandement territorial lui confère pour faire aboutir le projet de deuxième mandat qui hante votre candidat. On entend ça et là des clients politiques et des journalistes, comme un célèbre éditorialiste qui diffuse sa chronique tous les vendredis, vous trouver des excuses et déclarer que les citoyens ont mal interprété vos propos. C’est une insulte à l’intelligence de ceux qui ont suivi votre prestation.  Du reste, en entendant la clameur du peuple vous déclarez assumer cette posture et votre chef vous a félicité pour cela. Mépris et arrogance quand tu nous tiens !
Pour finir, M. le ministre, ce qui ferait réélire votre candidat ce ne seront certainement pas des machinations du processus électoral ou la neutralisation des candidatures que vous supposez menaçantes encore moins un achat des consciences feutré ou avoué ou une incitation aux transhumances de dernière heure. Il faudrait plutôt miser sur l’impact positif réel résultant de l’ensemble des mesures et programmes déployés depuis votre élection de 2012 et ressenti par les populations dans leur quotidien.

Toute autre manœuvre sera vouée à un échec cuisant. A bon entendeur, salut !

Fatou Blondin, seneplus
 

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