Habibou Mbaye accuse Pape Alé Niang d'avoir donné le marché de la fan zone (can 2025) à son petit-frère

MEDIAS
Jeudi 29 Janvier 2026

La contestation interne à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) a franchi un nouveau palier fin décembre 2025 – début janvier 2026. Des accusations de « dérive managériale » portées par les syndicats (SYNPICS et SYNPAP) contre le Directeur général, Pape Alé Niang, et des sorties publiques de responsables syndicaux, dont Habib Mbaye, qui mettent en cause la gouvernance et la transparence au sein du média public. Ce que dit Habibou Mbaye : “symptômes” d’une gestion contestée

Habibou Mbaye, journaliste syndicaliste et délégué du personnel à la RTS s’est illustré par des déclarations très directes sur certains aspects de la gestion interne, notamment autour des moyens logistiques de la RTS (ex. parc automobile), qu’il décrit comme un révélateur de dysfonctionnements hérités et/ou persistants.

Il accuse no9tammment le directeur général d'avoir donné le marché des fan zone de la Can 2025 à son petit frere Thierno Niang. Ces prises de parole s’inscrivent dans une dynamique plus large : les syndicats estiment que les problèmes de la maison ne relèvent pas seulement de “détails” matériels, mais renvoient à une méthode de gouvernance, jugée par eux trop verticale, insuffisamment concertée et source de tensions internes.
Les syndicats (SYNPICS–SYNPAP) mettent en cause la gouvernance

Dans une mise au point conjointe, les deux syndicats décrivent une situation qu’ils jugent préoccupante : ils parlent d’atteintes au dialogue social, d’un climat interne dégradé, et d’une gestion qu’ils qualifient d’opaque sur certains dossiers.

Un point a particulièrement cristallisé l’attention : les syndicats affirment que l’organisation d’un marché/événement lié au « Village de la CAN » aurait impliqué le frère du DG, ce qu’ils dénoncent comme un possible conflit d’intérêt et une marginalisation des directions techniques et commerciales internes.

Dans la même veine, les syndicats disent redouter une “personnalisation” de l’entreprise publique et appellent les autorités à s’intéresser à la situation afin de “sauver la maison commune”.
La réponse de Pape Alé Niang : se défendre, contester, renvoyer aux règles

Face aux critiques, Pape Alé Niang a publiquement rejeté une partie des accusations et tente de reprendre la main sur le récit. Sur la question très commentée du véhicule de fonction, il avance par exemple qu’il n’existerait plus de véhicule de fonction à la RTS (en lien avec des réformes antérieures sur la gestion du parc automobile) et affirme utiliser son véhicule personnel.

Autrement dit, le DG se place sur un terrain “réglementaire” et “administratif” : il cherche à montrer que certains griefs reposeraient sur une lecture incomplète des règles internes ou de réformes passées, plutôt que sur des décisions personnelles récentes.
Pourquoi cette crise compte : crédibilité du service public et bataille d’opinion

Au-delà des personnes, l’affaire pose une question simple : comment gouverner un média public dans un contexte politique sensible, avec des exigences fortes de neutralité, de transparence et de performance ?
Pour les syndicats, l’enjeu est de préserver les acquis, la dignité professionnelle et des procédures internes jugées protectrices. Pour la direction, l’enjeu est de défendre une ligne de gestion, d’éviter la paralysie et de ne pas laisser prospérer l’idée d’une RTS “ingouvernable”.