Entre témoignages de gratitude envers ses proches, hommage appuyé à sa défense et réaffirmation de sa foi envers l'institution judiciaire, le professeur de droit constitutionnel a appelé à une refonte en profondeur de cette juridiction d'exception, tout en formulant le vœu de ne pas servir de cible politique.
Une posture de résilience et de gratitude envers ses soutiens
À la sortie de son audience, Ismaïla Madior Fall a choisi d'aborder la situation avec la hauteur de vue du juriste et la sérénité du croyant :
« En tant que croyant, je considère que tout ce qui nous arrive, en bien comme en mal, provient de Dieu. C’est une épreuve et je l’accepte. »
L'universitaire a exprimé une vive gratitude envers les nombreuses délégations venues de son fief de Rufisque, les mouvements de femmes, sa famille ainsi que les acteurs des médias mobilisés à ses côtés depuis le début de la procédure.
Il a également rendu un hommage appuyé à son collectif de défense, saluant en particulier l'engagement de Me Clédor Ly :
« Au-delà d’être un avocat, c’est un humaniste et un militant des droits humains. Il se dévoue entièrement à la cause de ses clients. Il est toujours disponible pour conseiller, écouter et accompagner. »
Un attachement réaffirmé aux institutions judiciaires
Visé par des critiques lui prêtant l'intention de fragiliser l'appareil judiciaire, l'ancien garde des Sceaux a tenu à recadrer le débat en rappelant son parcours académique et institutionnel :
« Je suis professeur de droit, j’ai formé des magistrats, des avocats et des auxiliaires de justice. J’ai été ministre de la Justice. Je suis mal placé pour critiquer la justice. Je ne critiquerai jamais la justice sénégalaise. J’accepterai toujours les décisions de justice. »
La Haute Cour de justice : Une « curiosité » juridique à moderniser
Si l'ancien ministre se soumet aux règles de la justice, le constitutionnaliste pointe en revanche les lacunes de la législation encadrant la Haute Cour de justice. Qualifiant le texte actuel de « curiosité » au sein de l’architecture juridique nationale, il a rejoint la position de ses avocats et des organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International, en plaidant pour une refonte urgente d'un arsenal législatif jugé obsolète.
En guise de conclusion, l'ancien garde des Sceaux a résumé son état d'esprit avec sobriété :
« Je voulais remercier tout le monde. Je souhaite simplement ne pas être victime de la politique. »