L’échiquier politique sénégalais s’apprête à vivre une nouvelle séquence de haute intensité avec le retour annoncé à Dakar de l'ancien président de la République, Macky Sall.
Dans un entretien fleuve accordé à L’Observateur, Seydou Guèye, ancien ministre-conseiller et porte-parole de l’Alliance pour la République (APR), a dévoilé l’état d’esprit d’une formation politique en pleine effervescence.
Entre les préparatifs d'un accueil triomphal, le rejet catégorique de toute alliance avec le régime en place et un réquisitoire implacable contre la majorité parlementaire du PASTEF, le cadre républicain dessine les contours d'une opposition combative et attentive aux moindres fissures de l'actuel attelage exécutif.
Un retour diplomatique sous le signe de l'ambition onusienne
La perspective de revoir le leader de l’APR sur le sol national mobilise activement les troupes de l'ancien parti au pouvoir, suscitant un « vif intérêt » auprès d’une large partie des responsables et des militants.
Seydou Guèye précise d'emblée que cette visite s’inscrit principalement dans le cadre de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), une campagne internationale qui impose une série de déplacements stratégiques pour consolider les soutiens mondiaux autour de sa vision réformatrice.
Affirmant que le Sénégal ne peut rester à l'écart d'une telle dynamique pour une personnalité plaçant son pays au-dessus de tout, le porte-parole annonce que l’APR se prépare à l’accueillir « avec éclat », à la hauteur de son leadership.
Si le programme exact de ce séjour reste encore entouré d'incertitudes, la tournée pourrait inclure des rencontres de haut niveau avec des chefs d’État africains et des autorités de pays voisins.
Seydou Guèye prend toutefois soin de lever toute ambiguïté sur la nature de ce déplacement, insistant sur son caractère strictement diplomatique et institutionnel afin de le dissocier des spéculations politiques locales. Selon lui, cette démarche de dimension internationale ne devrait comporter aucun « relents politiques » nationaux.
Cap sur 2027 et 2029 : L’APR exclut tout rapprochement avec le Palais
Le soutien technique apporté par l'État sénégalais à la candidature de Macky Sall à l'ONU a alimenté de nombreuses rumeurs quant à un éventuel pacte de non-agression, voire un rapprochement politique avec le président Bassirou Diomaye Faye. Une thèse balayée d’un revers de main par Seydou Guèye, qui réaffirme le positionnement inflexible de sa formation en tant que « parti pivot de l’opposition politique ».
Pour le porte-parole, la courtoisie républicaine et le soutien institutionnel à une candidature nationale ne sauraient effacer les lignes de fracture. L'APR maintient son cap conflictuel face au PASTEF, affirmant travailler activement à combattre le pouvoir lors des élections territoriales de 2027 avant de planifier son remplacement définitif lors de la présidentielle de 2029.
Cette posture offensive s'accompagne néanmoins d'une certaine lucidité face aux manœuvres de débauchage menées par le Palais, qui a récemment reçu une importante délégation de maires issus des rangs de l'ancien régime, une opération qualifiée d'« arnaque de haute voltige » par l'état-major de l'APR.
Tout en reconnaissant au chef de l’État le droit constitutionnel de rechercher une majorité politique pour garantir la stabilité et le fonctionnement des institutions, Seydou Guèye insiste sur le fait que cette Realpolitik n'entamera en rien la détermination de son parti à incarner une alternative rigoureuse.
Le Conseil constitutionnel salué pour avoir « remis le fleuve dans son lit »
L'actualité brûlante liée à l'invalidation de la révision constitutionnelle par les Sages le 9 juillet constitue, selon l'APR, une victoire majeure de l'État de droit face à ce qu'elle qualifie d'initiative « régressive » pour la République.
Seydou Guèye dénonce avec virulence la méthode employée par un groupe de députés de la majorité, accusés de s’être emparés d’avant-projets pour les transformer unilatéralement en proposition de loi, une démarche qu'il juge « inélégante » et « inacceptable » sur le plan éthique.
Pour le responsable libéral, le texte n’apportait aucune plus-value démocratique et semblait exclusivement taillé pour satisfaire les intérêts d’un seul homme.
Saluant la saisine introduite par Bassirou Diomaye Faye comme un acte conforme à son serment de garant des institutions, le porte-parole se félicite de l'arbitrage des juges qui a brisé une dynamique de forcing partisan.
À l'en croire, la majorité parlementaire du PASTEF avait la ferme intention de « tailler la Constitution à la mesure d’un homme », exposant le pays à des risques majeurs d'usurpation, de déséquilibre des pouvoirs et de fragilisation de la fonction présidentielle. Heureusement, conclut-il, la force du droit a permis de bloquer cette tentative de déstabilisation institutionnelle.
« Le ver est dans le fruit » : Le diagnostic d'un divorce inévitable au sommet de l'État
L’analyse de Seydou Guèye se fait encore plus incisive lorsqu’il aborde les relations tumultueuses qui lient désormais le Président Bassirou Diomaye Faye à son ancien Premier ministre et leader du PASTEF, Ousmane Sonko.
Rejetant l'idée de tensions de façade ou exagérées par les observateurs, l'ancien ministre-conseiller affirme de manière catégorique que « les divergences sont réelles ». Selon sa lecture des récents événements, « le ver est dans le fruit », marquant l'émancipation progressive d'un chef de l'État bien décidé à s'affirmer comme le seul décideur et l'acteur politique central du pays.
Face à cette guerre de leadership interne qui accapare le sommet de l'État, le porte-parole de l’APR appelle l’ensemble des forces de l’opposition à une vigilance accrue et à un retour intensif sur le terrain aux côtés des populations.
Il reproche vertement au PASTEF d’avoir vendu la promesse d'une rupture systémique pour finalement reproduire les pratiques politiques qu'il dénonçait autrefois avec véhémence.
Pour Seydou Guèye, le peuple sénégalais assiste aujourd'hui, impuissant, à une lutte fratricide pour le contrôle de l’appareil d’État, un spectacle affligeant qui détourne dramatiquement le pouvoir des véritables priorités économiques et sociales du pays.
Dans un entretien fleuve accordé à L’Observateur, Seydou Guèye, ancien ministre-conseiller et porte-parole de l’Alliance pour la République (APR), a dévoilé l’état d’esprit d’une formation politique en pleine effervescence.
Entre les préparatifs d'un accueil triomphal, le rejet catégorique de toute alliance avec le régime en place et un réquisitoire implacable contre la majorité parlementaire du PASTEF, le cadre républicain dessine les contours d'une opposition combative et attentive aux moindres fissures de l'actuel attelage exécutif.
Un retour diplomatique sous le signe de l'ambition onusienne
La perspective de revoir le leader de l’APR sur le sol national mobilise activement les troupes de l'ancien parti au pouvoir, suscitant un « vif intérêt » auprès d’une large partie des responsables et des militants.
Seydou Guèye précise d'emblée que cette visite s’inscrit principalement dans le cadre de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), une campagne internationale qui impose une série de déplacements stratégiques pour consolider les soutiens mondiaux autour de sa vision réformatrice.
Affirmant que le Sénégal ne peut rester à l'écart d'une telle dynamique pour une personnalité plaçant son pays au-dessus de tout, le porte-parole annonce que l’APR se prépare à l’accueillir « avec éclat », à la hauteur de son leadership.
Si le programme exact de ce séjour reste encore entouré d'incertitudes, la tournée pourrait inclure des rencontres de haut niveau avec des chefs d’État africains et des autorités de pays voisins.
Seydou Guèye prend toutefois soin de lever toute ambiguïté sur la nature de ce déplacement, insistant sur son caractère strictement diplomatique et institutionnel afin de le dissocier des spéculations politiques locales. Selon lui, cette démarche de dimension internationale ne devrait comporter aucun « relents politiques » nationaux.
Cap sur 2027 et 2029 : L’APR exclut tout rapprochement avec le Palais
Le soutien technique apporté par l'État sénégalais à la candidature de Macky Sall à l'ONU a alimenté de nombreuses rumeurs quant à un éventuel pacte de non-agression, voire un rapprochement politique avec le président Bassirou Diomaye Faye. Une thèse balayée d’un revers de main par Seydou Guèye, qui réaffirme le positionnement inflexible de sa formation en tant que « parti pivot de l’opposition politique ».
Pour le porte-parole, la courtoisie républicaine et le soutien institutionnel à une candidature nationale ne sauraient effacer les lignes de fracture. L'APR maintient son cap conflictuel face au PASTEF, affirmant travailler activement à combattre le pouvoir lors des élections territoriales de 2027 avant de planifier son remplacement définitif lors de la présidentielle de 2029.
Cette posture offensive s'accompagne néanmoins d'une certaine lucidité face aux manœuvres de débauchage menées par le Palais, qui a récemment reçu une importante délégation de maires issus des rangs de l'ancien régime, une opération qualifiée d'« arnaque de haute voltige » par l'état-major de l'APR.
Tout en reconnaissant au chef de l’État le droit constitutionnel de rechercher une majorité politique pour garantir la stabilité et le fonctionnement des institutions, Seydou Guèye insiste sur le fait que cette Realpolitik n'entamera en rien la détermination de son parti à incarner une alternative rigoureuse.
Le Conseil constitutionnel salué pour avoir « remis le fleuve dans son lit »
L'actualité brûlante liée à l'invalidation de la révision constitutionnelle par les Sages le 9 juillet constitue, selon l'APR, une victoire majeure de l'État de droit face à ce qu'elle qualifie d'initiative « régressive » pour la République.
Seydou Guèye dénonce avec virulence la méthode employée par un groupe de députés de la majorité, accusés de s’être emparés d’avant-projets pour les transformer unilatéralement en proposition de loi, une démarche qu'il juge « inélégante » et « inacceptable » sur le plan éthique.
Pour le responsable libéral, le texte n’apportait aucune plus-value démocratique et semblait exclusivement taillé pour satisfaire les intérêts d’un seul homme.
Saluant la saisine introduite par Bassirou Diomaye Faye comme un acte conforme à son serment de garant des institutions, le porte-parole se félicite de l'arbitrage des juges qui a brisé une dynamique de forcing partisan.
À l'en croire, la majorité parlementaire du PASTEF avait la ferme intention de « tailler la Constitution à la mesure d’un homme », exposant le pays à des risques majeurs d'usurpation, de déséquilibre des pouvoirs et de fragilisation de la fonction présidentielle. Heureusement, conclut-il, la force du droit a permis de bloquer cette tentative de déstabilisation institutionnelle.
« Le ver est dans le fruit » : Le diagnostic d'un divorce inévitable au sommet de l'État
L’analyse de Seydou Guèye se fait encore plus incisive lorsqu’il aborde les relations tumultueuses qui lient désormais le Président Bassirou Diomaye Faye à son ancien Premier ministre et leader du PASTEF, Ousmane Sonko.
Rejetant l'idée de tensions de façade ou exagérées par les observateurs, l'ancien ministre-conseiller affirme de manière catégorique que « les divergences sont réelles ». Selon sa lecture des récents événements, « le ver est dans le fruit », marquant l'émancipation progressive d'un chef de l'État bien décidé à s'affirmer comme le seul décideur et l'acteur politique central du pays.
Face à cette guerre de leadership interne qui accapare le sommet de l'État, le porte-parole de l’APR appelle l’ensemble des forces de l’opposition à une vigilance accrue et à un retour intensif sur le terrain aux côtés des populations.
Il reproche vertement au PASTEF d’avoir vendu la promesse d'une rupture systémique pour finalement reproduire les pratiques politiques qu'il dénonçait autrefois avec véhémence.
Pour Seydou Guèye, le peuple sénégalais assiste aujourd'hui, impuissant, à une lutte fratricide pour le contrôle de l’appareil d’État, un spectacle affligeant qui détourne dramatiquement le pouvoir des véritables priorités économiques et sociales du pays.