L'audace d'Aliou Cissé

EDITORIAL
Mardi 10 Octobre 2017

La fortune sourit aux audacieux ! Autrement dit, il faut souvent savoir prendre des risques pour réussir. Mais depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe nationale du Sénégal, en mars 2015, Aliou Cissé ne semblait pas accorder beaucoup d’intérêt à ce célèbre maxime. Il faisait plutôt preuve de frilosité et le risque n’était pas trop à son goût. On lui le avait reproché face au Cameroun qui n’avait «aucun argument» pour battre le Sénégal dans le jeu lors de la fameuse quart de finale de la dernière coupe d’Afrique, selon d’ailleurs son coach Hugo Broos. Contre le Burkina Faso également, à l’aller comme au retour, le coach a été plus ou moins prudent. Notamment au niveau de ses changements jugés à tort ou raison assez prévisibles. Parce que c’était un poste pour poste (un défenseur pour défenseur, un milieu pour un milieu ou un attaquant à la place d’un attaquant). Rarement, il ne surprenait l’adversaire ou l’observateur. Mais, ce samedi 7 novembre, au Nacional Estadio da Praia, c’est un autre Aliou Cissé a tenu à démontrer tout son savoir-faire et son audace. Même contre le vent, face au bouillant public, les débordements hyper dangereux du trio d’attaque des Requins Bleus (Ryan Mendes, Garry Rodrigues et Heldon) déterminés à submerger les «Lions», l’ancien capitaine du Sénégal, s’est montré inflexible quant à sa volonté de repartir de Praia avec les trois points. Et quand son premier système 4-2-3-1 avec seul Diafra Sakho à la pointe de l’attaque avait fini de buter sur la double muraille du Cap-Vert, Cissé lance Mbaye Niang pour dynamiter le barrage. Mais à la place de qui ? Papa Alioune Ndiaye. PAN était pourtant le meilleur Lion sur la pelouse. Mais, le milieu de terrain de Galatassaray était usé par des courses non stop dans 60 minutes. Chapeau à ce joueur pétri de talents qui est en passe de gagner sa place de titulaire. La revanche du «renégat» 62ème minute ! Un moment tant attendu par tout un peuple. La première cape de Mbaye Niang dont la convocation a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Emmuré dans un silence depuis le début du regroupement, l’attaquant de Torino a su attendre son heure. Il sera impliqué sur les deux buts. Aliou Cissé a aussi su le protéger. Un management payant puisque forcément, Niang a gagné le cœur de certains sénégalais qui l’en voulaient d’avoir un moment donné, opté pour la France. Le 14 novembre prochain, ne soyons pas étonné si le stade Léopold Sédar Senghor lui réserve un accueil triomphal. Son entrée décompose le système de jeu de Cissé qui passe de 4-2-3-1 à 4-4-2. Ce qui a permis à Diafra Sakho de rester à la pointe de l’attaque et de se contenter de guetter les occasions. A la 81ème minute, l’attaquant de West Ham (Premier League), en renard des surfaces, fait preuve d’opportuniste à reprenant la frappe repoussée de… Mbaye Niang. Après ce but libérateur, Cissé cherche à fermer le jeu. Il envoie alors Cheikh Ndoye à la 89ème minute à la place de Sadio Mané qui n’était visiblement pas remis de sa blessure mais dont le rôle a été de fixer la défense adversaire. Du 4-4-2, le système repasse à 4-3-3. Mais ce laps de temps était largement suffisant pour la vista du géant milieu d’Angers (Ligue 1, France) qui a su analyser à temps la positon assez avancée de Vozinha pour marquer le but du KO d’une frappe chirurgicale. De l’audace, on en redemande. (adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({});