Alors que le gouvernement sénégalais maintient une ligne d'orthodoxie stricte et refuse catégoriquement l'idée d'une restructuration de sa dette souveraine, les voix d'experts s'élèvent pour sonner l'alarme. Invité à s'exprimer sur la trajectoire financière du pays, Abdoulaye Ndiaye, économiste et professeur à Stern School of Business de l'Université de New York (NYU), livre une analyse à contre-courant du discours officiel du ministère des Finances.
Pour lui, l'évitement d'une restructuration à court terme pourrait hypothéquer durablement l'avenir économique du Sénégal.
Le piège du déni : Pourquoi le statu quo est intenable
L'analyse d'Abdoulaye Ndiaye repose sur un constat technique rigoureux de la structure actuelle de l'endettement sénégalais. Si le gouvernement actuel tente de rassurer les marchés et les partenaires multilatéraux comme le FMI en promettant d'honorer ses engagements via des mécanismes d'ajustement internes et une rationalisation des dépenses, l'économiste y voit un calcul à courte vue.
Selon lui, le poids du service de la dette (les remboursements annuels du principal et des intérêts) absorbe une part beaucoup trop lourde des ressources propres du pays.
En refusant d'ouvrir le dossier d'une restructuration, qui permettrait de renégocier les échéances, d'allonger les maturités ou d'obtenir des décotes avec les créanciers, l'État s'impose une cure d'austérité qui asphyxie l'économie réelle. L'économiste prévient sans détour :
Le mirage des recettes pétrolières et gazières
Face à l'argument gouvernemental qui mise sur les 703 milliards de FCFA de recettes attendues des hydrocarbures sur la période 2027-2029 pour redresser la barre, Abdoulaye Ndiaye invite à la prudence.
Les revenus issus du pétrole et du gaz, bien que réels, ne sauraient être une formule magique capable d'effacer les faiblesses structurelles accumulées, notamment après la découverte d'écarts de reporting majeurs dans les comptes publics des régimes précédents.
Pour l'économiste, dépendre des matières premières pour payer une dette contractée à des taux d'intérêt élevés sur les marchés internationaux est un pari hautement risqué, soumis à la volatilité des cours mondiaux.
La véritable urgence consiste à libérer immédiatement l'espace budgétaire pour financer les investissements productifs locaux et l'industrialisation, ce qui exige un allègement négocié du fardeau de la dette.
Vers une « restructuration ordonnée » plutôt qu'un ajustement brutal
Abdoulaye Ndiaye ne prône pas un défaut de paiement unilatéral, qui détruirait la crédibilité du Sénégal, mais une démarche proactive et transparente.
Il s'agit de s'asseoir à la table des négociations avec les créanciers bilatéraux, multilatéraux et privés en position de force, fort des audits récemment publiés par les nouvelles autorités.
En conclusion, l'économiste rappelle que l'histoire économique moderne regorge de pays africains ayant tenté de repousser l'échéance d'une restructuration par peur de la dégradation de leur note souveraine, pour finalement sombrer dans des crises de liquidités majeures.
Pour le Sénégal, le choix n'est pas entre la rigueur et la facilité, mais entre une restructuration ordonnée et maîtrisée aujourd'hui, et un ajustement structurel subi et destructeur demain.
Pour lui, l'évitement d'une restructuration à court terme pourrait hypothéquer durablement l'avenir économique du Sénégal.
Le piège du déni : Pourquoi le statu quo est intenable
L'analyse d'Abdoulaye Ndiaye repose sur un constat technique rigoureux de la structure actuelle de l'endettement sénégalais. Si le gouvernement actuel tente de rassurer les marchés et les partenaires multilatéraux comme le FMI en promettant d'honorer ses engagements via des mécanismes d'ajustement internes et une rationalisation des dépenses, l'économiste y voit un calcul à courte vue.
Selon lui, le poids du service de la dette (les remboursements annuels du principal et des intérêts) absorbe une part beaucoup trop lourde des ressources propres du pays.
En refusant d'ouvrir le dossier d'une restructuration, qui permettrait de renégocier les échéances, d'allonger les maturités ou d'obtenir des décotes avec les créanciers, l'État s'impose une cure d'austérité qui asphyxie l'économie réelle. L'économiste prévient sans détour :
« Choisir de ne pas restructurer aujourd'hui pour sauver les apparences sur les marchés financiers, c'est s'exposer à une crise systémique bien plus violente et à un coût social insupportable d'ici dix ans. »
Le mirage des recettes pétrolières et gazières
Face à l'argument gouvernemental qui mise sur les 703 milliards de FCFA de recettes attendues des hydrocarbures sur la période 2027-2029 pour redresser la barre, Abdoulaye Ndiaye invite à la prudence.
Les revenus issus du pétrole et du gaz, bien que réels, ne sauraient être une formule magique capable d'effacer les faiblesses structurelles accumulées, notamment après la découverte d'écarts de reporting majeurs dans les comptes publics des régimes précédents.
Pour l'économiste, dépendre des matières premières pour payer une dette contractée à des taux d'intérêt élevés sur les marchés internationaux est un pari hautement risqué, soumis à la volatilité des cours mondiaux.
La véritable urgence consiste à libérer immédiatement l'espace budgétaire pour financer les investissements productifs locaux et l'industrialisation, ce qui exige un allègement négocié du fardeau de la dette.
Vers une « restructuration ordonnée » plutôt qu'un ajustement brutal
Abdoulaye Ndiaye ne prône pas un défaut de paiement unilatéral, qui détruirait la crédibilité du Sénégal, mais une démarche proactive et transparente.
Il s'agit de s'asseoir à la table des négociations avec les créanciers bilatéraux, multilatéraux et privés en position de force, fort des audits récemment publiés par les nouvelles autorités.
En conclusion, l'économiste rappelle que l'histoire économique moderne regorge de pays africains ayant tenté de repousser l'échéance d'une restructuration par peur de la dégradation de leur note souveraine, pour finalement sombrer dans des crises de liquidités majeures.
Pour le Sénégal, le choix n'est pas entre la rigueur et la facilité, mais entre une restructuration ordonnée et maîtrisée aujourd'hui, et un ajustement structurel subi et destructeur demain.