L’imam Mouhamadou Lamine Dramé placé sous mandat de dépôt pour appel à l’insurrection présumé

JUSTICE
Vendredi 13 Mars 2026

Le climat politique se crispe davantage. L’imam Mouhamadou Lamine Dramé, figure religieuse réputée proche du parti Pastef, a été placé sous mandat de dépôt après son déferrement au parquet de Dakar. Il devra répondre de ses actes devant le tribunal des flagrants délits ce lundi 16 mars 2026, à la suite de propos polémiques tenus dans une vidéo virale. L'engrenage judiciaire

Tout a commencé par une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, dans laquelle le religieux s'exprimait sur la conjoncture politique nationale. Critiquant ouvertement la trajectoire du chef de l’État, qu'il accuse d'avoir emprunté un « propre chemin politique », l'imam avait surtout soulevé des interrogations brûlantes face à son auditoire.

Il s'interrogeait notamment sur la réaction des partisans du « Projet » en cas de nouvelle vague d'arrestations ou d'un éventuel limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko.
« Liste de martyrs » et tensions sociales

Le contenu de cette intervention a provoqué une onde de choc au sein des autorités judiciaires. L'évocation par l'imam d'une « liste de martyrs prêts à se sacrifier » pour protéger Ousmane Sonko et défendre le « Projet » a été perçue par le parquet comme un appel potentiel à la mobilisation radicale.

S'autosaisissant du dossier, le procureur de la République a ordonné à la Section de recherches (SR) de Colobane de mener les investigations nécessaires.

Après une audition initiale mercredi dernier, les enquêteurs ont cherché à établir si ces déclarations relevaient de la simple liberté d'opinion ou d'une volonté manifeste d'incitation à l'insurrection et à la violence.
Vers une comparution immédiate

Au terme de sa garde à vue à la Section de recherches, l’imam a été déféré devant le procureur, qui a confirmé les poursuites. Son conseil, Maître Abdy Nar Ndiaye, a confirmé la tenue du procès pour le lundi 16 mars.

Cette affaire intervient dans un contexte de haute tension, où le gouvernement semble déterminer à surveiller étroitement les discours publics jugés « sensibles ».

Pour de nombreux observateurs, ce procès en flagrants délits constituera un test majeur pour la justice sénégalaise, appelée à arbitrer entre le respect de la liberté d'expression des guides religieux et le maintien de l'ordre public.