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LFR 2026 : L'ancien PM Amadou Ba lance un « appel à la responsabilité nationale » et met en garde contre la paralysie de l'État

POLITIQUE
Mercredi 21 Octobre 2026

LFR 2026 : L'ancien PM Amadou Ba lance un « appel à la responsabilité nationale » et met en garde contre la paralysie de l'État
Alors que les travaux de la commission des Finances s'enlisent dans un bras de fer tendu entre la majorité parlementaire PASTEF et le gouvernement, le député Amadou Ba est sorti de son silence.

En sa qualité d'ancien Premier ministre et d'ancien ministre des Finances, il lance un vibrant « appel à la responsabilité nationale », invitant l'Exécutif et la Représentation nationale à concilier discipline budgétaire et justice sociale pour éviter une crise institutionnelle et économique majeure.  

Le risque d'une hausse des arriérés et d'une dégradation financière


Face aux menaces de rejet des projets de loi de finances (LFR 2026 et LFI 2027) brandies par la majorité, Amadou Ba met en garde contre les illusions de l'inaction. Pour le parlementaire de l'opposition, l'absence de consensus n'efface pas les contraintes réelles des finances publiques :

« Le désaccord est consubstantiel à la démocratie. Mais il ne doit jamais se muer en paralysie de l'État », avertit-il.

L'ancien chef du gouvernement pointe du doigt un risque opérationnel immédiat . Sans le vote des réajustements de la LFR 2026, près de 540 milliards de francs CFA de subventions au secteur de l'énergie risquent de se retrouver sans couverture budgétaire suffisante.

Amadou Ba souligne qu'un rejet du texte ne fera pas disparaître la facture. Il conduira inévitablement à l'accumulation d'arriérés de paiement dus aux opérateurs du secteur énergétique, entraînant un renchérissement du coût futur de la dette et une détérioration de la signature financière du Sénégal au moment où le pays mène des négociation sensibles avec le FMI et ses créanciers extérieurs.


Concilier rigueur budgétaire et justice sociale : Appel à une concertation urgente

Tout en reconnaissant la légitimité des inquiétudes exprimées quant au pouvoir d'achat des ménages, à la préservation des dépenses sociales et au maintien de l'investissement public, Amadou Ba refuse la logique de l'affrontement systématique.


Selon l'ancien ministre des Finances, la responsabilité du pouvoir consiste précisément à surmonter ce dilemme. Il presse le président de la République, le gouvernement et les députés d'ouvrir sans délai un cadre de concertation républicain pour ajuster les trajectoires budgétaires dans le respect de l'État de droit et des prérogatives constitutionnelles de chaque pouvoir.


Rappelant une proposition formulée lors du Dialogue national, il réitère la nécessité d'organiser des Assises économiques pour offrir une lisibilité à long terme au tissu productif national et aux partenaires financiers.
 

« L'heure n'est pas à l'épreuve de force »

Affirmant fort de son expérience au cœur de l'État que « l'incertitude a un coût, l'inaction en a un autre » payé en dernier ressort par les populations, Amadou Ba conclut sa prise de parole par une mise en garde solennelle à l'ensemble de la classe politique :

« L'heure n'est pas à l'épreuve de force, mais à l'épreuve de responsabilité. L'intérêt supérieur de la Nation ne se négocie pas », martèle-t-il, appelant à un sursaut républicain avant la clôture de l'exercice budgétaire.


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