Annoncée de longue date par l’Exécutif, qui affichait dès 2025 la volonté de doter l'institution d'un site pérenne avant la fin du quinquennat, la concrétisation de ce déménagement a été confirmée par Emmanuel Macron lors du sommet Africa Forward à Nairobi.
L'institution culturelle quittera ainsi l'ancien atelier de la rue Jacques-Louvel-Tessier pour investir le 17, avenue d'Iéna, des locaux stratégiques précédemment occupés par l'Institut Goethe. Cet événement inaugural, qui se tiendra en présence du chef de l'État, marquera le coup d'envoi d'un vaste chantier de deux ans, période durant laquelle la programmation artistique se poursuivra à travers des expositions et des rendez-vous « hors-les-murs ».
Au-delà de sa dimension symbolique et institutionnelle, la réussite de la MansA repose sur un modèle de financement partenarial audacieux, faisant la part belle au mécénat international. L'institution s'appuie en effet sur un cercle de mécènes prestigieux, co-présidé par le milliardaire nigérian Abdulsamad Rabiu, à la tête du conglomérat BUA et pionnier du France-Nigeria Business Council, aux côtés du financier français Thierry Déau, fondateur du fonds Meridiam.
Cette connexion nigériane forte s'illustre également par l'engagement d'autres figures économiques du pays, à l'instar de Mike Adenuga, qui s'est positionné pour financer le projet du futur Institut français à Abuja, ville où la directrice générale adjointe de la MansA, Christelle Folly, a exercé comme attachée culturelle.
Ce calendrier culturel dense intervient alors que la tournée présidentielle qui devait mener Emmanuel Macron au Nigeria et au Sénégal — et à laquelle Liz Gomis devait prendre part — a finalement été reportée sine die, témoignant des ajustements diplomatiques en cours dans la région.