Les indicateurs clés (Prévisions 2026-2027)
Le tableau suivant résume la révision des perspectives économiques du pays :
Indicateur Prévision 2026 (Nouveau) Prévision 2026 (Ancien) Prévision 2027 Croissance du PIB réel 2,2 % 3,0 % 2,3 % Déficit du compte courant 6,2 % du PIB 5,4 % du PIB 5,8 % du PIB Inflation 2,6 % (Légère hausse) -
Les points de friction majeursÀ noter : Avec une croissance de 2,2 %, le Sénégal se situe bien en dessous de la moyenne de l'Afrique subsaharienne, estimée à 4,3 %.
Malgré les rencontres à New York entre les ministres sénégalais (Cheikh Diba et Abdourahmane Sarr) et la directrice du FMI, Kristalina Georgieva, deux obstacles freinent la conclusion d'un nouvel accord :
Le scandale de la « dette cachée » : La découverte d'une dette non déclarée de 13 milliards de dollars a entamé la confiance. Le FMI exige désormais une transparence totale sur la gestion budgétaire (« misreporting »).
Optimisme vs Pessimisme : Le gouvernement sénégalais juge les prévisions du FMI trop sombres, notamment sur la capacité de l'économie (hors pétrole et gaz) à générer des ressources. Le ministre des Finances, Cheikh Diba, résume bien la situation :
La ligne rouge de Dakar : Pas de restructuration« Nous pensons que les hypothèses du FMI sont pessimistes sur la situation économique du Sénégal, et le FMI estime que nos projections sont optimistes. »
Conformément à la vision d'Ousmane Sonko, le nouveau régime refuse catégoriquement toute restructuration de la dette (rééchelonnement forcé). La stratégie repose sur deux piliers :
Assainissement interne : Nettoyer les finances publiques sans aide extérieure contraignante sur le remboursement.
Souveraineté économique : Maintenir la crédibilité du pays sur les marchés internationaux en honorant ses engagements sans délais imposés.
Bien que les deux parties cherchent une « solution commune », le chemin vers un nouveau programme de financement (après la suspension de celui de 1,8 milliard de dollars en 2024) reste semé d'embûches. Le Sénégal parie sur une montée en puissance de ses ressources propres pour stabiliser son économie, tandis que le FMI attend des preuves tangibles d'une gestion rigoureuse.