Le calvaire d'une mineure victime d'un viol collectif : Quand la banalisation du viol frappe la banlieue

FAITS DIVERS
Mardi 10 Mars 2026

La banlieue dakaroise est sous le choc. Une affaire d’une rare brutalité impliquant une mineure de 14 ans et une douzaine de jeunes hommes secoue actuellement la commune de Sicap-Mbao. Dix suspects, pour la plupart âgés de 15 à 19 ans, ont été déférés au parquet du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, tandis que les enquêteurs sont activement à la recherche de deux autres individus en fuite. Un calvaire en plusieurs actes

Selon les premiers éléments de l'enquête révélés par L’Observateur, le calvaire de la jeune A.B. Kane se serait déroulé en deux temps. Un premier abus aurait eu lieu le mardi, avant que la situation ne bascule dans l’horreur dans la nuit du 5 au 6 mars. Attirée dans un appartement dont le locataire était absent, la victime aurait subi des violences répétées dans un contexte de séquestration.
Un appartement au centre de la dérive

L'appartement, appartenant à une commerçante expatriée à Dubaï, était occupé par son fils. C’est dans ce lieu, transformé en antre des abus, que les mis en cause se seraient relayés sur la mineure. Le récit de ces soirées est accablant : le fils de la propriétaire aurait invité ses amis pour participer à cette agression collective. Le dossier fait état d’une scène particulièrement troublante impliquant deux frères, où l’aîné aurait ouvert la voie au cadet dans cet enchaînement d'abus.
 


Dix suspects déférés, deux toujours dans la nature

La célérité de l’intervention du père de la victime a permis de stopper l'engrenage. En surprenant les suspects et en appréhendant deux d'entre eux, il a permis aux forces de l’ordre de remonter la filière. À ce jour, dix jeunes garçons — dont certains âgés de seulement 14 et 15 ans — ont été présentés au procureur de Pikine-Guédiawaye pour association de malfaiteurs, séquestration et viol collectif.

L'enquête, bien qu'avancée, reste sur sa faim concernant les deux suspects toujours en cavale, dont le principal occupant de l'appartement. Les enquêteurs de la police de Sicap-Mbao s'attellent désormais à déterminer les circonstances exactes de ces relations,.

Cette affaire, qui touche à la fois à la protection de l'enfance et à la sécurité publique, plonge tout un quartier dans la consternation et soulève des questions persistantes sur l'encadrement de la jeunesse dans la banlieue dakaroise.