Les fossoyeurs de la paix en Casamance s’activent

POLITIQUE
Lundi 20 Mai 2019

Quand-est-ce que la Casamance retrouvera définitivement la paix ? Il ne s’agit pas simplement là d’une question que les populations se posent depuis plusieurs années, mais, cette interrogation est l’expression d’une inquiétude légitime devant l’absence, pour le moment en tout cas, d’une issue à cette crise lourdement carapacée. 

Depuis des années, des solutions sont recherchées, mais jusque-là, le conflit résiste au temps. Un espace temporel qui devient le principal ennemi du mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc), à l’origine du déclenchement de cette crise. Aujourd’hui, la lassitude et la détermination des populations sont en train d’avoir raison de ce conflit. Personne n’en veut plus, même dans les rangs du mouvement séparatiste où des défections et abandons de taille sont notés. 

Alors, qu’est-ce qui empêche de concrétiser cette volonté collective de paix ? Serait-on tenté de se demander. Mais, la réponse, on pourrait la chercher et même la trouver dans les agissements de certains individus qui n’envisagent pas leur avenir sans la crise, ou plutôt dans la paix. La situation d’accalmie dans laquelle se trouve la région hante leur sommeil. Ils ne veulent peut-être pas de la guerre, mais ne souhaiteraient pas le retour de la paix et s’accommodent de cette situation. 

Du coup, ils manipulent, manœuvrent et désinforment pour maintenir le statu quo ou pour se rendre indispensables. Ils s’opposent, sans raison ni arguments, à l’exploitation du zircon de Niafrang pour nourrir leur instinct machiavélique et narquois. Dans cette entreprise mesquine, ils font dans la désinformation, profitent de la naïveté de leurs frères et sœurs pour braquer les populations contre un projet d’utilité publique qui pourrait pourtant changer favorablement le destin d’une région meurtrie par des décennies de conflit armé. Leur activisme pendant la dernière élection présidentielle a fait ressurgir les souvenirs des moments pré conflit en Casamance avec un discours identitaire maladroitement dissimilé dans des propos politiques, qui menace le fragile équilibre qui règne dans cette partie méridionale du Sénégal. On les retrouve dans les ONG, s’érigeant en experts de la crise en Casamance pour cacher leur dessin égoïste et opportuniste. Ils sont pour certains sur place avec des attitudes qui renvoient aux termites. 


D’autres sont depuis longtemps en dehors de la région ou du Pays, complètement déphasés de la réalité, insouciants et inconscients de la souffrance des leurs, restés au « Pays ». Tous ont ceci en commun : un instinct pyromane contre lequel les forces vives ont décidé d’entrer en croisade. La cécité dans laquelle ils se trouvent doit-elle les empêcher de voir la trajectoire prise désormais par la Casamance et de se rendre à l’évidence ? 

Ceux qui aiment réellement la Casamance, et ils sont nombreux, heureusement, ce sont ceux-là qui bravent les dangers pour aller discuter avec leurs frères combattants dans des zones parfois hostiles. Ceux qui sont préoccupés par l’avenir de la Casamance, ils existent, parfois venant de loin, ce sont ces hommes et ces femmes qui s’arrachent pour mettre en valeur les potentialités économiques et offrir de belles perspectives à cette région. Ceux qui se soucient du destin des populations, on les retrouve dans le lot des personnes qui se montrent sensibles aux cris de détresse des hommes, femmes et enfants de cette belle région. 

Aujourd’hui, la peur a commencé à changer de camp devant la détermination qui se lit sur les visages, de Mpack à Sénoba et de Gouloumbou à Diogué. S’accrocher sur des intérêts mafieux au risque de déstabiliser la Casamance, c’est ne pas comprendre la force du message des populations. Lequel se résume dans cette belle et célèbre chanson de l’artiste ivoirien Tiken Jah Facoly : « On a tout compris ». Et c’est parce qu’ils ont tout compris que les casamançais se montrent déterminés à faire capoter le projet mafieux des aventuriers et autres marchands d’illusion qui utilisent le Mfdc, se cachent derrière des ONG, instrumentalisent les médias et manipulent les pauvres populations pour assouvir leur sale besogne, au mépris du droit inaliénable de celles-ci à la paix et au développement. 

Mamadou Papo MANE (Walfadjri)