Macky Sall à l'ONU: Cheikh Niang indique que le gouvernement du Sénégal n’a pas été associé à cette démarche

POLITIQUE
Mercredi 4 Mars 2026

La candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies prend une tournure inattendue. Alors que le Burundi a officiellement porté l'initiative, le gouvernement sénégalais, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Cheikh Niang, affiche une neutralité de façade qui cache une réelle gêne diplomatique.  

L'information a fait l'effet d'une bombe dans les chancelleries : ce n'est pas Dakar, mais Bujumbura qui a dégainé la première pour propulser Macky Sall vers le sommet de l'ONU. Intervenant sur les ondes de Sud FM, le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a tenu à clarifier la position du Sénégal, oscillant entre respect des usages et détachement stratégique.
 
Un parrainage venu d'ailleurs  

Le ministre a confessé avoir appris la nouvelle « par la presse » ce lundi, avant d'obtenir la confirmation officielle d'une lettre transmise par la mission permanente du Burundi. Un camouflet pour la diplomatie sénégalaise ? Pas officiellement. Cheikh Niang invoque une « double liberté, individuelle et nationale », rappelant que tout État est souverain dans ses parrainages et toute personnalité libre de ses ambitions.

Toutefois, la précision est de taille : « Le gouvernement du Sénégal n’a pas été associé à cette démarche ». Le ministre a également tenu à doucher les rumeurs d'un consensus continental, affirmant que le sujet n'avait jamais figuré à l'ordre du jour du sommet de l'Union africaine en février dernier.
 
Le dossier "Macky" toujours sous le coude de Diomaye Faye  

Si le parrainage burundais ne semble pas « gêner » l'État, la question du soutien officiel du Sénégal, elle, reste en suspens. Le ministre Niang a confirmé que la lettre de demande d'appui envoyée par Macky Sall est bel et bien « encore sur la table » du Président Bassirou Diomaye Faye.

« Les délais de dépôt des candidatures sont encore ouverts. On verra, à leur expiration, quelle suite sera réservée à cette demande », a déclaré le chef de la diplomatie.

Cette réponse prudente suggère que Dakar ne souhaite pas se précipiter. En attendant la fin du délai légal de dépôt des candidatures, le Palais semble privilégier une stratégie d'observation, laissant le débat s'enflammer sur la scène politique nationale.
 
Entre prestige national et contentieux politiques  

Pour le régime actuel, le dilemme est profond. Soutenir Macky Sall, c'est offrir au Sénégal son premier poste de Secrétaire général de l'ONU, mais c'est aussi réhabiliter l'image de l'ancien président, dont la gestion est actuellement sous le feu des critiques et des audits.

Le fait que le Burundi — pays avec lequel Macky Sall a entretenu des relations cordiales durant son mandat — se soit substitué au Sénégal pour ce parrainage souligne l'isolement relatif de l'ancien chef d'État vis-à-vis de ses successeurs directs.

Alors que les spéculations vont bon train, une question demeure : le Sénégal finira-t-il par rallier la bannière burundaise au nom du prestige national, ou laissera-t-il son ancien président mener cette bataille mondiale sans l'onction de sa propre patrie ?