Macky Sall à l'ONU: un collectif d'organisations appelle le Président Diomaye Faye à soutenir la candidature de son prédécesseur

POLITIQUE
Mercredi 4 Mars 2026

Dans une lettre adressée au chef de l'État le 3 mars 2026, un large front composé de syndicats, de partis politiques et de la société civile plaide pour une « union sacrée » derrière la candidature de l'ancien président Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Un test de maturité diplomatique pour le régime en place.

Le Sénégal s’apprête-t-il à livrer une bataille diplomatique historique pour le perchoir le plus prestigieux du monde ? C’est en tout cas le souhait d’un collectif hétéroclite de huit organisations majeures, incluant des figures comme Alioune Tine (Afrikajom Center) et les principaux leaders syndicaux du pays (CNTS, CSA, UNSAS).

Le 3 mars 2026, ce groupe a officiellement sollicité le Président Bassirou Diomaye Faye pour qu’il accorde le parrainage de l'État sénégalais à son prédécesseur, Macky Sall, lequel a formalisé sa candidature auprès de l'ONU le 1er mars dernier.
 
« L'intérêt national au-delà des clivages »  

Le message du collectif, porté par Oumar Sarr (FDR), est limpide : la quête du Secrétariat général de l'ONU doit être perçue comme un enjeu de souveraineté et de prestige national, et non comme une extension des luttes politiques intérieures. Pour les signataires, voir un Sénégalais succéder à António Guterres représenterait un « immense prestige diplomatique et historique ».

« Soutenir Macky Sall, ce n'est pas soutenir un camp politique mais plutôt soutenir le Sénégal et l'Afrique », martèle le document de motivation. Le collectif estime que cette élection ferait de Dakar un « hub diplomatique majeur », renforçant l’image du pays comme médiateur crédible et acteur régional équilibré.
 
Un signal de maturité pour le Président Faye  

L'un des points les plus saillants de la missive concerne la politique intérieure. En soutenant son ancien rival, le Président Bassirou Diomaye Faye poserait un acte de « maturité politique » sans précédent. Un tel geste enverrait à la communauté internationale le signal que, sous les tropiques sénégalais, les institutions et l'intérêt supérieur de la nation priment sur les querelles partisanes.

Les auteurs de la lettre soulignent également les retombées pragmatiques d'une telle élection. Outre l'influence politique, ils évoquent un levier économique : une présence sénégalaise au sommet de l'ONU faciliterait l'accès aux financements multilatéraux et accroîtrait la visibilité des projets nationaux auprès des bailleurs de fonds.
 
Un candidat aux atouts multiples  

Pour convaincre le Palais de l'Avenue Roume, le collectif met en avant le profil spécifique de Macky Sall. S’il parvenait à se faire élire, il deviendrait :
Le troisième Secrétaire général issu du continent africain ; Le premier SG de l'ONU à la fois musulman et issu de l'espace francophone.

Fort d'un carnet d'adresses internationalement reconnu et d'une expérience de chef d'État, l'ancien président dispose, selon les signataires, d'une « crédibilité acquise » qu'il serait regrettable de ne pas exploiter. « Ne pas l'utiliser serait une perte pour le Sénégal et l'Afrique », concluent-ils.
 
Une décision attendue  

Le Président Bassirou Diomaye Faye, qui avait déjà été saisi par Macky Sall lui-même le 5 février dernier, est désormais face à un choix cornélien. Entre la consolidation de sa base politique et l'ambition de porter le Sénégal au sommet de la diplomatie mondiale, sa décision marquera, à n'en pas douter, un tournant dans l'histoire des transitions politiques africaines.
Les organisations signataires de l'appel :
Afrikajom Center (Alioune Tine) CNTS (Mody Guiro) CNTS / Force du Changement (Cheikh Diop) CSA (Elimane Diouf) UNSAS (Marie Yvette Keita) CUCS (Ndéye Bakhaw Ndiongue) FEDER (Papa Ndiaga Niang) FDR (Oumar Sarr)