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Macky, Sonko, Diomaye… Pendant que les politiques calculent, le peuple paie !

POLITIQUE
Mardi 20 Octobre 2026

 Le feuilleton politique sénégalais reprend de plus belle. À peine le pays semble-t-il retrouver un semblant de calme qu’un nouvel épisode vient raviver les tensions. Entre ambitions personnelles, rivalités au sommet de l’État et calculs électoraux, les acteurs politiques affûtent leurs stratégies. Pendant ce temps, les préoccupations quotidiennes des Sénégalais restent reléguées au second plan.
Le retrait de Macky Sall de la course au poste de secrétaire général des Nations unies a relancé les spéculations sur son avenir politique. Alors que cette candidature semblait compromise, son éventuelle réussite aurait pu lui ouvrir de nouvelles perspectives, tant sur la scène internationale que dans l’arène politique nationale. À peine vingt-quatre heures après cette annonce, Ousmane Sonko est sorti de son silence pour brandir la menace d’un blocage du budget 2027 si le gouvernement ne s’engageait pas dans des discussions qu’il souhaite « franches et sincères » avec l’Assemblée nationale, dominée par son camp.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Des responsables de Kiiraay, le parti présidentiel, ont accusé Pastef de vouloir entraver le fonctionnement de l’État. En quelques heures, le débat politique a retrouvé toute son intensité, ravivant les soupçons, les accusations et les rivalités. Macky Sall, Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye : derrière les discours officiels, chacun semble avancer ses pions et défendre ses propres intérêts.

Les grandes manœuvres ont commencé

À l’approche des élections locales, les stratégies se dessinent progressivement. L’éventualité de législatives anticipées, dans l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale, ajoute une dimension supplémentaire aux calculs des différentes formations politiques.
Au sein de l’Alliance pour la République (APR), les ambitions de reconquête gagnent en visibilité. Certains militants espèrent le retour de Macky Sall au Sénégal, tandis que les signes de rapprochement entre l’ancien président et son successeur alimentent les commentaires. Le soutien apporté par Bassirou Diomaye Faye à la candidature de Macky Sall à la tête des Nations unies a notamment nourri les interrogations sur la nature de leurs relations et sur les perspectives politiques qui pourraient en découler.
Assiste-t-on à une recomposition du paysage politique sénégalais ? L’hypothèse mérite d’être posée. Entre Ousmane Sonko et ses « Patriotes », d’une part, et Bassirou Diomaye Faye et les « Patriotes républicains », d’autre part, une nouvelle dynamique pourrait émerger. La possibilité d’une troisième voie, ou de nouvelles alliances, ne peut être totalement écartée.
Au Sénégal, les équilibres politiques sont souvent fragiles. Les alliances d’hier peuvent devenir les rivalités de demain, tout comme les soutiens actuels ne garantissent pas une fidélité éternelle. Dans ce jeu de repositionnement, chaque déclaration, chaque geste et chaque silence peuvent être interprétés comme un signal adressé aux adversaires, aux militants ou aux futurs alliés.

Le quotidien des Sénégalais, grand oublié du jeu politique

Mais derrière cette agitation politique, une autre réalité s’impose : celle d’une population confrontée à des difficultés économiques persistantes. Alors que les responsables politiques se projettent vers les prochaines échéances électorales, de nombreux ménages peinent déjà à faire face aux dépenses courantes.
Lors de sa conférence de presse, Ousmane Sonko a annoncé une hausse prochaine, qu’il a présentée comme « inévitable », de certains prix en raison de la levée de certaines subventions. Une perspective préoccupante pour les familles dont le pouvoir d’achat est déjà fortement éprouvé. À l’approche de la rentrée scolaire, entre fournitures, inscriptions, transport et dépenses alimentaires, la moindre augmentation risque de compliquer davantage les fins de mois.
Le gouvernement a certes mobilisé plusieurs de ses membres pour tenter de rassurer l’opinion publique. Mais les inquiétudes demeurent. Les mots d’ordre de grève annoncés dans différents secteurs témoignent d’un climat social tendu, marqué par les attentes des travailleurs et les préoccupations liées au coût de la vie.
Dans les foyers, les calculs sont quotidiens. On réduit les dépenses, on renonce à certaines nécessités et l’on cherche, tant bien que mal, à équilibrer un budget devenu de plus en plus difficile à tenir. Dans les états-majors politiques aussi, on calcule, on négocie et on prépare l’avenir. Mais entre ces deux réalités, le fossé reste considérable.

L’hivernage comme ultime espoir

Dans ce contexte, une bonne saison des pluies et des récoltes abondantes seraient les bienvenues. Pour les ménages ruraux, mais aussi pour les consommateurs des centres urbains, une production agricole satisfaisante pourrait contribuer à améliorer l’approvisionnement des marchés et à limiter certaines pressions sur les prix alimentaires. Sans constituer une solution à toutes les difficultés économiques, de bonnes récoltes offriraient au moins une bouffée d’oxygène à de nombreuses familles.
Car c’est bien là tout le paradoxe de la situation sénégalaise : tandis que les ambitions politiques occupent le devant de la scène, les urgences sociales continuent de peser sur la vie des citoyens. Les débats sur le pouvoir, les alliances et les prochaines élections ont leur importance dans une démocratie. Mais ils ne sauraient durablement faire oublier les attentes d’une population qui réclame avant tout des réponses concrètes.
Macky Sall prépare peut-être un nouveau chapitre de son parcours politique. Ousmane Sonko entend peser sur les orientations du gouvernement et défendre sa ligne. Bassirou Diomaye Faye, lui, doit composer avec les exigences de sa fonction et les équilibres de son propre camp. Chacun suit sa trajectoire, avec ses ambitions, ses priorités et ses stratégies.
Mais une question demeure : quelle place les préoccupations des Sénégalais occupent-elles réellement dans ces calculs ?
Les saisons passent, les rivalités évoluent et les ambitions se renouvellent. Pourtant, pour une grande partie de la population, les difficultés restent les mêmes : se nourrir, se soigner, scolariser les enfants et faire face aux dépenses du quotidien.
Au bout du compte, Macky, Sonko, Diomaye et les autres poursuivent chacun leur agenda. Le peuple, lui, attend des résultats. Car si les stratégies politiques peuvent patienter jusqu’aux prochaines élections, les factures, elles, n’attendent jamais.
 

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