Mamadou Diop : «Si je révèle tout ce que je sais, le pays sauterait»

POLITIQUE
Mercredi 22 Février 2017

En marge de l’atelier de sensibilisation et de renforcement des capacités des élus locaux sur «l’intercommunalité au service du développement local durable, dans le contexte de mise en œuvre de l’Acte 3 de la Décentralisation», l’ancien maire de Dakar, Mamadou Diop, a soutenu que le fondement des poursuites contre Khalifa Sall sur les caisses d’avance ne tient pas.


Ministre, maire de Dakar pendant plusieurs décennies, spécialiste de la décentralisation. Qui mieux que Mamadou Diop peut donner un avis autorisé sur les reproches faits à Khalifa Sall concernant l’utilisation de la caisse d’avance de la mairie de la capitale ? Eloigné de la scène politique, l’ancien ministre socialiste et ancien maire de Dakar est l’un des meilleurs spécialistes de notre pays en matière de décentralisation et de gestion des collectivités locales.
Ne voulant pas trop se prononcer sur une affaire en phase d’enquête, il a tout de même tenu à dire ses vérités sur ce qui apparait à ses yeux comme une cabale contre l’actuel maire de Dakar. Et quand Khalifa Sall dit que les caisses d’avance constituent une tradition depuis plus d’un siècle, l’ancien maire de Dakar soutient les propos de l’adversaire politique d’Ousmane Tanor Dieng. Selon Mamadou Diop, ce dont on parle ces jours-ci et qui motive la convocation de Khalifa Sall à la Dic, ce n’est pas une caisse d’avance qui, à ses yeux, n’existe pas. Il s’agirait plutôt de dépenses spéciales, de dépenses diverses.

Pour ce qui est des caisses d’avance, si ça existe, elles sont répertoriées sous le vocable de «dépenses d’ouverture». Ce qui, selon l’ancien édile de la ville de Dakar, est autorisé depuis plusieurs décennies. Ces considérations faites, la sentence de l’ancien colonel de la Gendarmerie et plusieurs fois ministre de la République tombe comme un couperet sur la tête de ceux qui veulent liquider l’actuel maire de Dakar. «On le poursuit pour rien. L’argument ne tient pas. Les caisses d’avance existent dans tous les services. (…). C’est régi par un règlement à part, spécial», déclare Mamadou Diop tout en disant qu’il «ne peux pas parler d’acharnement».

L’ancien édile de la ville de Dakar se répète et tonne encore. «Il ne s’agit pas de caisses d’avance, ça n’existe pas, on convoque Khalifa Sall pourquoi ? Qu’est-ce qu’il a fait et qui motive sa convocation à la Dic?», s’interroge-t-il, avant de poursuivre : «Les caisses d’avance, c’est normal, cela a une base légale. Cela existe depuis 20, 30, 50 ans. Je le dis et répète, ce ne sont pas des caisses d’avance, ce sont des dépenses diverses qui ont des autorisations légales». L’ancien maire de Dakar ne s’en arrête pas là, il indique qu’il connait beaucoup de choses qu’il ne peut pas dire. Et de déclarer : «si je révèle tout ce que je sais, le pays sauterait. Il y a des secrets d’Etat que je ne peux pas dire. Si je fais des révélations sur tout ce que je sais, des gens vont tomber (bouma waxé leup louma xam, deuk bi tass)», dit-il. Que certains se le tiennent pour dit…
Samba DIAMANKA