Mame Awa Diop, responsable de PASTEF Pikine, dénonce le « recyclage politique » à l'Assemblée nationale

POLITIQUE
Jeudi 9 Juillet 2026

La contestation entourant la composition du cabinet du Président de l’Assemblée nationale franchit une nouvelle étape en s'installant au cœur des structures de base du parti au pouvoir. 

Mame Awa Diop, responsable de PASTEF Pikine/DSM, conseillère municipale et présidente du Conseil consultatif des jeunes de la DSM, a publié une déclaration remettant en cause l'alignement éthique des récentes nominations effectuées au sein de l'institution parlementaire.   Une critique directe de la gestion des deniers publics depuis la base  

L'intervention de cette responsable locale cible la contradiction perçue entre les engagements électoraux initiaux et la réalité des choix managériaux à la tête de l’Hémicycle.

Mame Awa Diop interroge la pertinence de multiplier les postes de conseillers spéciaux, notamment au profit d'anciens ministres récemment démis de leurs fonctions exécutives.

Selon son analyse, cette pratique s'apparente à une reproduction des mécanismes de reclassement politique que le mouvement s'était engagé à abolir.

 

« À quoi bon promettre la rupture, la réduction du train de vie de l'État et une gestion rigoureuse des deniers publics, si c'est pour reproduire des pratiques que l'on dénonçait hier ? La création ou la multiplication de postes de conseillers spéciaux, occupés notamment par d'anciens ministres, donne le sentiment que le discours de changement cède déjà la place au recyclage politique. »


Cette prise de position met en exergue l'attente d'une partie des militants concernant l'exemplarité et la sobriété de l'État.

En insistant sur le fait que chaque poste financé par l'argent public doit répondre à une nécessité technique démontrée et non à des logiques de repositionnement ou de récompense, la conseillère municipale formalise une exigence de rationalisation budgétaire au sein même de son camp.
 
L'Assemblée nationale face à sa mission constitutionnelle  

Le texte rappelle les prérogatives fondamentales de l'institution parlementaire, à savoir la représentation du peuple, le vote des lois et le contrôle de l'action gouvernementale.

Pour la responsable politique de Pikine, l'encombrement des structures administratives de l'Assemblée par des nominations politiques affaiblit la légitimité de l'institution et alourdit inutilement les charges publiques.

 

Cette démarche s'inscrit dans un contexte de clarification doctrinale plus large au sein de la mouvance majoritaire, où la notion de rupture fait l'objet d'interprétations divergentes entre l'appareil législatif et les cadres proches du pouvoir exécutif.

En affirmant que la transformation de la gouvernance exige de renoncer aux privilèges sectoriels, y compris lorsqu'ils bénéficient à ses propres responsables, Mame Awa Diop déplace le débat du terrain des clivages partisans vers celui de la cohérence méthodologique.

 
L'élargissement de la dissidence   

Cette sortie confirme que les tensions observées au sommet de l'État trouvent un écho direct parmi les élus locaux et les mouvements de jeunesse du parti.

Le fait que la contestation émane d'une zone stratégique comme Pikine démontre que le débat sur la préservation des principes fondateurs du « Projet » n'est plus circonscrit aux instances de la diaspora ou aux cercles intellectuels de la capitale.
 

En positionnant les citoyens comme les seuls juges de la concordance entre les discours réformateurs et les actes de nomination, cette déclaration accentue la pression sur l'état-major de l'Assemblée nationale.

Elle illustre la complexité pour la direction du parti de maintenir l'unité de sa base alors que les choix d'organisation interne de sa principale citadelle institutionnelle font l'objet d'audits critiques de la part de ses propres militants.