Invité sur le plateau de Seneweb, Arona Coumba Ndoffène Diouf s'est exprimé sur la polémique née de ses récentes prises de parole concernant la durée du mandat présidentiel. Désireux d'apporter des clarifications, il a réaffirmé avec fermeté que sa démarche relève exclusivement d’une réflexion institutionnelle globale sur l'efficacité des politiques publiques et non d’une quelconque posture partisane.
Le temps long du développement face à la temporalité du mandat
Au cœur du propos d'Arona Coumba Ndoffène Diouf réside le constat qu'un quinquennat demeure trop court pour concrétiser des réformes de fond et mener à terme des politiques de grande envergure. L'invité a soutenu qu'aucun chef d'État ne peut véritablement transformer le pays en l'espace de cinq ans, en raison du délai incompressible qu'exige la conception des grands chantiers.
Pour étayer son analyse, il s'est appuyé sur les phases préparatoires indispensables aux grands travaux infrastructurels, rappelant que les études techniques préalables de projets d'envergure, tels que le Train Express Régional (TER) ou le Bus Rapid Transit (BRT), nécessitent à elles seules près de trois années de maturation. Il a d'ailleurs illustré son propos en évoquant la magistrature de Macky Sall, sous laquelle les concrétisations majeures n’ont commencé à poindre qu’à l’issue du premier mandat.
Un cadre constitutionnel strictement verrouillé pour Diomaye Faye
Afin de lever toute ambiguïté sur une éventuelle volonté d'allonger l'actuel exercice du pouvoir, Arona Coumba Ndoffène Diouf a tenu à préciser que la question ne concerne en aucun cas l'actuel chef de l'État.
Il a rappelé que le président Bassirou Diomaye Faye ne dispose d'aucune marge de manœuvre sur le terme de sa propre charge, les mécanismes constitutionnels relatifs à la durée du mandat étant totalement verrouillés. Sa proposition s'inscrit donc dans une vision prospective du modèle institutionnel sénégalais et ne constitue nullement une tentative de modifier les règles du jeu en cours de route.
Instabilité administrative et recadrage de la controverse
Au-delà des échéances électorales, l'intervenant a vivement déploré la précarité et l'instabilité chronique qui caractérisent l'administration publique sénégalaise. Il a fustigé la pratique consistant à renouveler quasi systématiquement les têtes ministérielles et les directions générales lors de chaque alternance, y compris pour les cadres les plus compétents, estimant que ce fonctionnement empêche de placer durablement les hommes qu'il faut aux postes stratégiques.
Enfin, invité à réagir aux vives critiques formulées par Aminata Touré à la suite de ses premières déclarations, Arona Coumba Ndoffène Diouf a préféré temporiser la polémique. Estimant que la coordinatrice exprimait une opinion respectable dans le cadre d'un échange d'idées qu'il juge sain, il a appelé l'ensemble des acteurs à aborder ces réflexions avec sérénité et hauteur de vue pour servir au mieux la réussite des politiques publiques au Sénégal.