éagissant aux consignes d'exigence budgétaire et aux appels au rejet de la Loi de Finances Rectificative (LFR) formulés par ce dernier devant ses militants, l'ancien responsable de la majorité dénonce un risque d'« irresponsabilité » budgétaire et une confusion coupable entre discipline partisane et règles constitutionnelles.
« L'Assemblée n'est pas sa propriété » : Rappel à l'ordre sur le perchoir
Au cœur du recadrage de Me El Hadji Omar Youm figure la nature juridique et institutionnelle du rôle du président de la Représentation nationale. Il reproche à Ousmane Sonko d'assimiler son autorité au perchoir à une capacité de décision unilatérale sur le sort des textes de loi :
« En menaçant de faire rejeter la LFR et la LFI devant les membres de son parti, en conclave, Ousmane Sonko entretient une confusion inacceptable et regrettable entre ses fonctions de président de Pastef et de président de l’Assemblée nationale. Le perchoir ne lui confère aucun pouvoir personnel de décider du sort des projets ou propositions de loi », fustige l'ancien parlementaire.
S'appuyant sur les principes fondamentaux de la Constitution sénégalaise, Me Omar Youm rappelle que chaque député vote en son nom propre et le président de l'Assemblée ne dispose dans l'hémicycle que de sa seule voix de parlementaire.
A ses yeux, le mandat impératif est nul : Aucune consigne de parti ou orientation interne ne saurait juridiquement remplacer le débat et la liberté de vote des députés à qui la Constitution interdit d'obéir aveuglément à des injonctions.
Un enjeu économique critique face au FMI et aux créanciers
Au-delà du rappel à la règle constitutionnelle, Me El Hadji Omar Youm alerte sur les répercussions socio-économiques majeures d'un éventuel blocage parlementaire sur les textes financiers de l'État.
Alors que le Sénégal conduit des discussions sensibles avec le FMI et ses créanciers extérieurs dans le cadre du Programme de traitement de la dette, brandir la menace d'un rejet des lois de finances fragilise directement la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux.
Pour l'ancien cadre de BBY, la révision des arbitrages budgétaires — notamment sur la question des subventions et des investissements — doit faire l'objet de débats sérieux en commission et en séance plénière, plutôt que de servir de levier de pression ou de « règlement de comptes ».
Appel au sursaut républicain des députés
S'adressant directement à la représentation nationale, Me El Hadji Omar Youm invite l'ensemble des parlementaires, toutes sensibilités confondues, à se défaire des dictats partisans et à assumer leurs responsabilités républicaines :
« Au moins, pour une fois, mes chers députés, ayez le courage d’exercer pleinement votre mandat. Examinez les projets et propositions de loi avec sérieux et profondeur, débattez librement et votez en toute responsabilité, guidés uniquement et exclusivement par votre conscience et par l’intérêt du peuple. »
Cette sortie d'Omar Youm amplifie les divisions au sein de l'hémicycle et pose la question de la marge de manœuvre du pouvoir législatif face aux impératifs d'assainissement budgétaire exigés par la conjoncture économique du pays.
