Si la nature exacte des manquements n'a pas été explicitée, un détail de taille vient considérablement complexifier la donne pour le ministère public : l’inscription de Me Moussa Diop au barreau de Paris et non à celui du Sénégal.
En droit, la procédure est rigoureuse : lorsqu’un avocat est visé par des poursuites, le Procureur général est dans l'obligation de saisir le Bâtonnier pour recueillir son avis. Or, cette compétence appartient exclusivement au Bâtonnier dont l'avocat dépend. Par conséquent, le Bâtonnier du Sénégal se retrouve contraint de jouer les intermédiaires pour solliciter son homologue parisien, seul habilité à se prononcer sur le dossier.
Le dilemme du Procureur général
Cette suspension place le Procureur général devant un choix stratégique délicat : attendre l'avis du barreau de Paris, ce qui impose un délai « diplomatique » entre les deux ordres ou recourir à cette disposition du droit pour tenter de poursuivre la procédure sans attendre l'aval de l'Ordre parisien.
La situation reste donc en suspens. La reprise de l'audition est désormais conditionnée par le respect de ces formes requises, alors que les enjeux de ce dossier, qui ont nécessité l'intervention directe du Procureur général, restent au cœur des préoccupations.