Selon Le Soleil, le drame s’est produit vers 4 heures du matin au large de Ngazobil. Des sources sécuritaires citées par le journal font état de 12 morts, d’une personne admise aux urgences à l’hôpital de Joal et d’une trentaine de rescapés.
De son côté, l’APS confirme que 12 corps ont été repêchés tôt mercredi, et indique que 35 rescapés ont été mis à la disposition de la brigade de gendarmerie de Joal-Fadiouth dans le cadre de l’enquête. L’agence précise aussi que le nombre exact de passagers n’a pas pu être déterminé à ce stade.
Comment le drame s’est déroulé (premiers éléments)
D’après le récit publié par Le Soleil, la pirogue aurait quitté les îles du Saloum quelques jours plus tôt. En mer, l’embarcation aurait rencontré des pannes successives de moteur, ralentissant la progression. Le convoyeur aurait alors choisi de se rapprocher d’une plage.
Toujours selon la même source, l’accostage à Ngazobil a été suivi d’un mouvement de panique au moment de quitter la pirogue, ce qui aurait contribué au drame. Une partie des passagers se serait dispersée avant l’arrivée des gendarmes.
Enquête ouverte, circonstances encore à éclaircir
La gendarmerie a ouvert une enquête pour établir les responsabilités et reconstituer la chaîne des faits. Le Soleil parle d’une embarcation pouvant transporter près de 200 personnes (estimation recueillie sur place), tandis que l’APS souligne que le nombre de passagers n’est pas encore arrêté et que la cause du naufrage n’est pas identifiée officiellement à ce stade.
En mer, les opérations se multiplient : 174 secourus au large de Dakar
Le drame de Joal survient dans un contexte où la surveillance maritime reste intense. La Marine nationale a annoncé avoir secouru 174 migrants le mardi 23 décembre 2025, à environ 70 km au large de Dakar, avant de les débarquer à la base navale Amiral Faye Gassama pour prise en charge par les services compétents.
Deux jours plus tard, une autre opération a été rapportée : une pirogue transportant 93 candidats à l’émigration irrégulière aurait été interceptée le vendredi 26 décembre 2025, à une trentaine de kilomètres au large de Dakar, avec le même schéma de débarquement et de remise aux autorités compétentes.
Pourquoi ces départs continuent malgré les alertes
Dans les localités côtières comme dans l’intérieur du pays, les départs sont souvent nourris par un mélange de pression économique, d’attentes familiales, d’imaginaire de réussite et de réseaux de passeurs. La route atlantique vers les Canaries est régulièrement décrite par les organisations internationales comme l’une des plus dangereuses, notamment à cause de traversées longues, de conditions météo changeantes et d’embarcations souvent inadaptées.
Un phénomène régional sur la route atlantique
Les données de l’Operational Data Portal du HCR (UNHCR), alimentées par des données Frontex, montrent qu’en 2025 (au 31 octobre), sur la route atlantique ouest vers les Canaries, des ressortissants du Sénégal figurent parmi les nationalités les plus représentées dans les arrivées recensées.
Frontex indique par ailleurs que la “Western African route” a enregistré une forte baisse des détections sur les dix premiers mois de 2025 (−59% selon ses données préliminaires), tout en rappelant que le coût humain demeure lourd sur les routes maritimes.